Terre Sainte : le pape messager de paix et dialogue

Entretien avec Mgr Shomali

Rome, (Zenit.org) Iván de Vargas | 330 clics

Le pape vient apporter « paix, dialogue et réconciliation » en Terre Sainte, estime Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du patriarche latin de Jérusalem.

Mgr Shomali fait part aux lecteurs de Zenit de l’attente des chrétiens de Terre Sainte, qui se préparent à accueillir le pape (24-26 mai 2014).

Zenit – Comment la communauté chrétienne en Terre Sainte a-t-elle accueilli l’annonce de la visite du pape ?

Mgr Shomali – La communauté chrétienne aime beaucoup ce pape, en particulier pour ses gestes et ses paroles envers les pauvres et le Moyen Orient. Les chrétiens en Terre Sainte ont été impressionnés par la veillée de prière pour la paix en Syrie, à laquelle nous nous sommes unis intensément (7 septembre 2013, ndlr). Le Saint-Père, donc, sera bien accueilli. Par ailleurs, le président de la Palestine a déjà souhaité la bienvenue au pape au nom de tous, des musulmans et des chrétiens.

Qu’attend l’Eglise locale de cette rencontre ?

Cette visite a diverses perspectives. Au niveau œcuménique, nous espérons une ouverture avec les orthodoxes. Et un dialogue plus intense avec l’islam et le judaïsme : qu’il porte des fruits et qu’il encourage plus de respect mutuel. Nous espérons aussi une parole du pape François qui aide à obtenir la liberté religieuse et la paix au Moyen Orient. Nous espérons que les gouvernants des palestiniens et des israéliens recevront une parole, une invitation à négocier vraiment la paix ; que le processus s’accélèrera au lieu d’être repoussé d’année en année. Enfin, et ce souhait n’est pas le moindre, nous attendons que le pape aide les chrétiens à vivre leur foi et à considérer leur présence comme un privilège et une vocation, afin qu’ils n’abandonnent pas la Terre Sainte.

Le pape a dit que son voyage serait « un pèlerinage de prière »…

Le pèlerinage se caractérise toujours par un approfondissement de la foi, un acte de conversion. Cela vaut pour tout le monde. Le pape François a dit humblement qu’il venait en pèlerin, c’est-à-dire comme tous ceux qui arrivent ici, pour faire grandir leur foi et se convertir au niveau personnel. Mais surtout il vient prier pour le monde, parce qu’il n’est pas une personne quelconque : il est le pape, le Successeur de Pierre et le Vicaire du Christ. Il vient donc non seulement prier pour ses intentions, mais pour celles du monde : la paix, le dialogue, la réconciliation.

Le pape a annoncé trois étapes : Amman, Bethléem, Jérusalem. Quel en est le sens ?

Bethléem et Jérusalem sont des lieux inséparables, intimement unis. Nous ne pouvons séparer la naissance de Jésus de sa résurrection. C'est une vérité au niveau théologique. Même géographiquement, 10 minutes de route seulement les séparent, quand la voie est libre.

Quel message souhaiteriez-vous laisser aux lecteurs de Zenit ?

J’invite tout le monde, comme l’a déjà fait le pape, à prier pour l’issue de ce pèlerinage. Le Saint-Père le répète souvent : « C’est la prière qui rend un acte fructueux ». François est un grand communicateur et il a du succès, parce qu’il prie beaucoup. Nous devons donc le soutenir par la prière, afin que son voyage en Terre Sainte produise les fruits espérés pour lui et pour nous tous.

Traduction d'Océane Le Gall