Terre Sainte: pas de paix sans la dimension spirituelle

Rencontre des chefs religieux chrétiens avec le président Hollande

Rome, (Zenit.org) Christophe Lafontaine | 338 clics

« Les politiciens ne pourront faire la paix sans les chefs religieux, sans la dimension spirituelle », souligne le Patriarcat latin de Jérusalem publie un compte rendu de Christophe Lafontaine sur la rencontre du président français avec les chefs religieux chrétiens, à Jérusalem, le 18 novembre.

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Le président François Hollande a commencé sa deuxième journée en Terre Sainte par une rencontre avec les dignitaires chrétiens (catholiques, protestants et orthodoxes) à l’église Sainte-Anne des Croisés, confiée à la communauté des Pères Blancs, en vieille ville. 

Le Président français a adressé « un message de paix parce que la paix suppose que tous les droits soient respectés, les droits des peuples palestinien et israélien » et a répété que « Jérusalem doit devenir la capitale de deux Etats si les négociations aboutissent, si un accord de paix est trouvé ».

Parmi les chefs des Eglises chrétiennes, le Patriarche latin de Jérusalem a pris le premier la parole après la courte allocution de François Hollande qui a rappelé que Jérusalem devait conserver son identité, notamment chrétienne et que l’accès aux Lieux Saints devait être favorisé pour les chrétiens.

Mgr Fouad Twal a remercié le Président pour « la gentillesse qu’il a eue de nous rencontrer et de nous entendre » précisant que « d’autres politiciens viennent à Jérusalem sans penser à la présence des chrétiens et des chefs religieux qui y vivent. » Le Patriarche a expliqué que « ce ne sont pas les chefs religieux qui feront la paix mais que les politiciens ne pourront pas faire la paix sans les chefs religieux, sans la dimension spirituelle. »

Le Patriarche a demandé au Président de la République Française d’aider les institutions chrétiennes à survivre en Terre Sainte et qu’il emploie « son amitié pour Israël pour plus de paix et de justice. » En conclusion, le Patriarche  a aussi souligné que si la France investissait pour le conflit israélo-palestinien ne serait-ce que 10 ou 5 % de son zèle actuellement employé pour changer la situation en Syrie, alors on pourrait espérer une résolution durable.

Le Président français a déclaré hier à Jérusalem qu’il attendait des « gestes » d’Israël sur la colonisation des territoires occupés pour contribuer au processus de paix. « Des gestes du côté israélien ont commencé à être produits, la libération des prisonniers [palestiniens] »,mais « d’autres sont attendus, notamment sur la colonisation », a-t-il affirmé devant la presse au côté de son homologue, Shimon Pérès. François Hollande a indiqué qu’il évoquerait aujourd’hui à Ramallah avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, les « gestes » qu’il attendait « du côté palestinien ».