Terre Sainte : première messe du pape François

Allégresse au stade d'Amman en Jordanie

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 499 clics

Le pape François a célébré la première messe de son pèlerinage en Terre Sainte, au stade d’Amman, en Jordanie, ce 24 mai 2014, entouré de Jordaniens et de réfugiés de Palestine, de Syrie et d’Irak. Une célébration pleine d’allégresse et baignée de soleil, marquée aussi par une exhortation du pape à la paix "vraie, solide et durable".

Arrivé en début d’après-midi sur le sol jordanien, le pape a été accueilli par la famille royale. Puis il s’est rendu au stade d’Amman, où des dizaines de milliers de personnes l’attendaient en chantant des hymnes.

Le pape a pris le temps de les saluer et de bénir des enfants à son arrivée en papamobile, tandis que la foule, qui remplissait les gradins et la pelouse centrale, lâchait dans le ciel des chapelets géants en ballon de baudruche.

L’autel était dressé sur un podium installé pour l’occasion, sous une tente jaune et blanche, couleurs du Vatican. Derrière le podium, au loin, se dessinait un bosquet de grands arbres touffus et verdoyants, et les édifices de la ville.

De part et d’autre du siège du pape, deux imposants portraits des saints Jean XXIII et Jean-Paul II, canonisés le 27 avril dernier, ainsi qu'une icône de saint Jean-Baptiste, patron de la Jordanie.

La célébration, animée par une chorale enthousiaste, a commencé aux alentours de 15h30 heure locale. Quelque 1.400 enfants vêtus de blanc ont vécu leur Première communion, visiblement très heureux de la présence du pape.

Si le pape François a célébré en latin et prononcé son homélie en italien – traduit par un interprète –, les lectures et les chants étaient en arabe.

Durant son homélie, le pape a médité sur la paix qui « ne peut s’acheter ni se vendre : elle est un don à recevoir avec patience et à construire "artisanalement" par des petits et des grands gestes qui impliquent notre vie quotidienne ».

La paix, a-t-il souligné, est possible avec l’aide de l’Esprit Saint : « La mission de l’Esprit Saint, en effet, est de générer l’harmonie et de faire la paix dans les différents contextes et entre des sujets divers » : « Demandons-lui de préparer nos cœurs à la rencontre avec nos frères au-delà des différences d’idées, de langues, de cultures, de religions. »

D’ailleurs, a souligné le pape, « la diversité de personnes et de pensée ne doit pas provoquer refus et obstacles, parce que la variété est toujours un enrichissement ». Au sein de cette diversité, il s’agit aussi de reconnaître que les hommes ont « tous le même sang » et font « partie du genre humain » : se reconnaître « tous frères » aide à « éloigner de rancunes et divisions » et à « aimer fraternellement ».

Concrètement, il a appelé à « poser des gestes d’humilité, de fraternité, de pardon, de réconciliation. Ces gestes sont les prémices et la condition pour une paix vraie, solide et durable ».

Le pape s’est également adressé « aux nombreux réfugiés chrétiens provenant de la Palestine, de la Syrie et de l’Irak » : « portez à vos familles et à vos communautés mon salut et ma proximité », leur a-t-il dit. Ce soir, à Béthanie, sur le site du baptême du Christ, il rencontrera des réfugiés et des personnes malades et handicapées.

A la fin de la messe, Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, dont le territoire couvre la Jordanie, a exprimé la gratitude de la Terre Sainte pour cette visite, « un signe d’espérance ». Il a aussi demandé la canonisation de la palestinienne mère Marie-Alphonsine (1843-1927) béatifiée le 22 novembre 2009, fondatrice de la congrégation des sœurs du Rosaire, unique congrégation autochtone de Terre Sainte.

La messe s’est achevée sous les hourras enthousiastes « Viva il papa ! », tandis que le pape repartait en papamobile découverte, saluant en souriant, se penchant sans hésiter pour serrer des mains, échanger quelques paroles, comme il le fait à Saint-Pierre.