Texte du "Décalogue d´Assise pour la paix" du 24 janvier 2002

L´engagement des religions doit inspirer les gouvernants

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CITE DU VATICAN, Lundi 4 mars 2002 (ZENIT.org) - Un mois après la Journée de prière des religions pour la Paix, à Assise, le pape Jean-Paul II fait parvenir aux Chefs d´Etat et de gouvernement du monde entier le "Décalogue d´Assise pour la Paix" condamnant la violence et le terrorisme (cf. ZF020124 et suiv.).



Cet engagement solennel est signé par Jean-Paul II et par douze responsables religieux, en particulier juifs, musulmans et bouddhistes. Il a été lu le 24 janvier à Assise, par dix représentants de différentes religions, lors de la Journée de prière pour la paix à laquelle le pape a invité les chrétiens et les religions du monde.

"La violence et le terrorisme s´opposent au véritable esprit religieux", déclarent les signataires de ce "décalogue". Ils s´engagent "à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme" et contribuer à la construction d´un "monde de solidarité et de paix fondé sur la justice".

Hier encore, lors de la prière de l´angélus, Jean-Paul II a lancé un appel vibrant pour l´arrêt des violences en Terre Sainte et à Madagascar.

Jean-Paul II espère que l´engagement des religions inspire à son tour "l´action politique et sociale" des gouvernements.

-"Décalogue d´Assise pour la paix"-

1. Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.

2. Nous nous engageons à éduquer les personnes au respect et à l’estime mutuels, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d’ethnies, de cultures et de religions différentes.

3. Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, afin que se développent la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les conditions d’une paix authentique.

4. Nous nous engageons à défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne, conforme à son identité culturelle, et à fonder librement une famille qui lui soit propre.

5. Nous nous engageons à dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur insurmontable, mais, au contraire, reconnaissant que la confrontation avec la diversité des autres peut devenir une occasion de plus grande compréhension réciproque.

6. Nous nous engageons à nous pardonner mutuellement les erreurs et les préjudices du passé et du présent, et à nous soutenir dans l’effort commun pour vaincre l’égoïsme et l’abus, la haine et la violence, et pour apprendre du passé que la paix sans la justice n’est pas une paix véritable.

7. Nous nous engageons à être du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l’abandon, nous faisant la voix des sans-voix et œuvrant concrètement pour surmonter de telles situations, convaincus que personne ne peut être heureux seul.

8. Nous nous engageons à faire nôtre le cri de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal, et nous désirons contribuer de toutes nos forces à donner à l’humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix.

9. Nous nous engageons à encourager toute initiative qui promeut l’amitié entre les peuples, convaincus que, s’il manque une entente solide entre les peuples, le progrès technologique expose le monde à des risques croissants de destruction et de mort.

10. Nous nous engageons à demander aux responsables des nations de faire tous les efforts possibles pour que, aux niveaux national et international, soit édifié et consolidé un monde de solidarité et de paix fondé sur la justice.