Tourisme: Promouvoir les valeurs spirituelles et religieuses de l'Europe

Intégration européenne et développement du tourisme

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CITE DU VATICAN, Jeudi 22 mai 2003 (ZENIT.org) - Le développement du tourisme en Europe doit s'accompagner d'une promotion des valeurs spirituelles et religieuses de la "maison commune", recommande le Vatican.



Mgr Piero Monni, observateur permanent du Saint-Siège à l'Organisation mondiale du Tourisme est en effet intervenu sur ce thème lors de la 40e réunion de la Commission régionale pour l'Europe et du séminaire sur ""The European Integration in the Era of the European Union’s Enlargement and the Development of Tourism", promu par cette organisation mondiale (Malte 21-23 mai).

Mgr Monni citait les statistiques européennes montrant que 5, 5 % du produit national brut (PNB) est généré en Europe par le tourisme, qui est donc "l'un des secteurs qui ont la plus grande retombée sur l'emploi": quelque 9 millions de personnes sont en effet employées dans ce secteur.

"Les perspectives d'un travail commun pour la promotion de l'industrie touristique sont multiples: mais ont ne devrait pas et l'on ne peut pas marginaliser dans ce contexte les valeurs spirituelles et religieuses dont la "Maison Europe" est dépositaire et qu'à la lumière de l'histoire, se révèlent comme valeurs porteuses pour la paix et le bien-être des peuples".

"Il est essentiel de parler de tourisme dans le contexte de la Communauté européenne pour de multiples raisons de caractère culturel, social, et, si vous me permettez, aussi pour les aspects religieux", affirmait d'emblée Mgr Monni.

Il constatait: "Une politique de développement durable, planifiée au niveau communautaire, pourrait conduire à un accroissement du dialogue culturel et social entre les nations".

Et de préciser: "L'intégration sociale des peuples européens ne signifie pas aplatissement et "massification", mais développement de la connaissance réciproque dans le respect des différentes traditions présentes sur le vieux continent. Les différentes sociétés européennes ont mis en route un mouvement d'approfondissement de leur identité, aujourd'hui marquée par de profondes mutations technologiques, de la persistance d'incertitudes économiques et de dangers écologiques croissants. Le chômage de masse progresse, les nationalismes et les intégrismes sont engendrés, de nouvelles xénophobies se développement, et simultanément on vérifie aussi une aggravation de ce que l'on pourrait définir comme des "préoccupations éthiques"."

Et de conclure: "Dans un cadre si déstabilisé, les hypothèses d'unions, d'agrégations, et d'élargissement de la communauté européenne promettent d'être plutôt complexes".

Il proposait des remèdes: "Il faut des instruments nouveaux et des volontés politiques décisives pour redonner confiance à la possibilité de réaliser l'idée d'une véritable "Maison européenne". Dans cette perspective, le tourisme peut indubitablement offrir une contribution effective, parce qu'il favorise la connaissance des peuples et sollicite un dialogue pour des initiatives concrètes de collaboration".

"L'activité touristique, soulignait Mgr Monni, est aujourd'hui la seule activité économique encore liée au territoire. C'est justement pour cela qu'elle représente un moyen privilégié de la redécouverte des racines historiques et sociales de toute ethnie. En même temps, l contribue à reconstituer un tissu social souvent déchiré par les affrontements locaux et les tentations d'isolement de marque nationaliste. Il s'agit de reconstruire des "réseaux de confiance" solides qui forment un capital social et moral auquel l'Union européenne, justement dans l'optique de l'élargissement de ses frontières, ne doit pas renoncer. A travers le tourisme, on peut raviver le sens de la solidarité et du respect culturel, qui sont les principales ressources stratégiques du développement durable".

Enfin, Mgr Monni soulignait l'importance première de la "qualité des relations humaines" et l'importance "sociale" du tourisme, et pas seulement économique.