Toussaint et fidèles défunts: des jours d'espérance

Homélie au cimetière romain du Verano

Rome, (Zenit.org) Pape François | 1346 clics

“Voir Dieu, être semblables à Dieu:  voilà notre espérance”, explique le pape François qui a présidé la messe de la Toussaint au cimetière romain du Verano, ce vendredi 1er novembre, en la fête de tous les saints, connus et inconnus. Il a ajouté: “aujourd’hui et demain sont des jours d’espérance.”

Voici notre traduction rapide, de travail, de l’homélie prononcée par le pape, en majorité d’abondance du coeur: le pape n’a pas lu le texte prévu.

Homélie du pape François pour la Toussaint

A cette heure-ci, avant le coucher du soleil, dans ce cimetière nous nous recueillons et nous pensons à notre avenir, nous pensons à tous ceux qui s’en sont allés, qui nous ont précédés dans la vie et qui sont dans le Seigneur.

Elle est si belle cette vision du Ciel que nous avons entendue dans la première lecture: le Seigneur Dieu, la beauté, la bonté, la vérité, la tendresse, l’amour plénier. Tout cela nous attend. Ceux qui nous ont précédés et qui sont morts dans le Seigneur sont là. Ils proclament qu’ils ont été sauvés non en raison de leurs oeuvres – ils ont aussi fait des oeuvres bonnes – mais ils ont été sauvés par le Seigneur: “Le salut est à notre Dieu, qui siège sur le trône et à l’Agneau” (Ap 7, 10).

C’est lui qui nous sauve, c’est lui qui à la fin de notre vie nous emmène par la main comme un papa, justement dans ce Ciel où sont nos ancêtres. L’un des anciens pose une question: “Ceux-là qui sont vêtus de blanc, qui sont-ils et d’où viennent-ils?”(v.13). Qui sont ces justes, ces saints qui sont au Ciel? Réponse: “Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation et qui ont lavé leurs vêtements, les rendant blancs, dans le sang de l’Agneau” (v.14).

Nous ne pouvons entrer au Ciel que par le sang de l’Agneau, grâce au sang du Christ. C’est justement le sang du Christ qui nous a justifiés, qui nous a ouvert les portes du Ciel. Et si aujourd’hui nous rappelons ces frères et soeurs qui nous ont précédés dans la vie et qui sont au Ciel, c’est parce qu’ils ont été lavés dans le sang de l’Agneau. Voilà notre espérance: l’espérance du sang du Christ! Une espérance qui ne déçoit pas. Si nous marchons dans la vie avec le Seigneur, lui ne déçoit jamais!

Nous avons entendu dans la deuxième lecture ce que l’Apôtre Jean disait à ses disciples: “Voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu — et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître (...). Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est » (1 Jn 3,1-2).

Voir Dieu, être semblables à Dieu:  voilà notre espérance. Et aujourd’hui, justement en ce jour des saints, et avant le jour des morts, il est nécessaire de penser un peu à l’espérance: cette espérance qui nous accompagne dans la vie. Les premiers chrétiens dépeignaient l’espérance comme une ancre, comme si la vie était l’ancre jettée sur le rivage du Ciel, et nous tous en marche vers ce rivage, aggrippés au cordage de l’ancre.

C’est une belle image de l’espérance: avoir un coeur ancré là où sont nos ancêtres, où sont les saints, où est Jésus, où est Dieu. Voilà l’espérance qui ne déçoit pas; aujourd’hui et demain sont des jours d’espérance.

L’espérance est un peu comme le levain, qui fait dilater l’âme; il y a des moments difficiles dans la vie, mais avec l’espérance, l’âme avance et regarde ce qui nous attend. Ce jour est un jour d’espérance. Nos frères et soeurs sont en présence de Dieu et nous aussi nous serons là, par pure grâce du Seigneur, si nous marchons sur la voie de Jésus. L’apôtre Jean conclut: “Celui qui a en lui cette espérance, se purifie lui-même” (v.3). L’espérance aussi nous purifie, nous réjouit; cette purification dans l’espérance en Jésus-Christ nous fait marcher en hâte, promptement.

Dans cet avant-coucher de soleil d’aujourd’hui, chacun de nous peut penser au crépuscule de sa vie: “Comment sera mon crépuscule?” Nous tous, nous aurons un crépuscule, tous! Est-ce que je le regarde avec espérance? Est-ce que je le regarde avec cette joie d’être accueilli par le Seigneur? Voilà une pensée chrétienne qui nous donne la paix.

Ce jour est un jour de joie, mais d’une joie sereine, tranquille, de la joie de la paix. Pensons au crépuscule de tant de frères et soeurs qui nous ont précédés, pensons à notre crépuscule, lorsque cela viendra. Et pensons à notre coeur et demandons-nous: “Où mon coeur est-il ancré?” S’il n’est pas bien ancré, ancrons-le là, sur ce rivage, en sachant que l’espérance ne déçoit pas, parce que le Seigneur Jésus ne déçoit pas.

Paroles du pape à la fin de la messe, après la bénédiction des tombes

Je voudrais aussi prier spécialement pour ces frères et soeurs qui sont morts ces jours-ci alors qu’ils cherchaient une libération, une vie plsu digne.

Nous avons vu les photos, la crauté du désert, nous avons vu la mer où tant se sont noyés. Prions pour eux.

Et priosn aussi pour ceux qui ont été sauvés, et qui sont en ce moment, rassemblés dans tant de lieux d’accueil, en espérant que les démarches légales se hâtent pour pourvoir partir ailleurs, dans d’autres centres d’accueil plus commodes.