Tout être humain est « citoyen du monde » ou pourquoi l’Eglise condamne le racisme

Le card. Martino présente le Compendium de l’enseignement social de l’Eglise

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ROME, Mardi 3 octobre 2006 (ZENIT.org) – Tout être humain est avant tout « citoyen du monde ». C’est la raison pour laquelle l’Eglise condamne le racisme et plaide pour la protection des minorités, l’assistance due aux réfugiés, la mobilisation de la solidarité internationale, rappelle le cardinal Martino à Paris.



Le cardinal Martino a présenté ce matin à Paris, à l’Institut catholique, au département des Sciences sociales, le « Compendium de l’enseignement social de l’Eglise » à l’occasion de l’ouverture de l’année académique. Sa conférence avait pour thème : « Lectures et interprétations des relations internationales contemporaines à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise ».

Rappelons que le “Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise” a été publié en français conjointement par les éditions Bayard, Cerf et Fleurus-Mame (525pp., 22 € ou 20, 90 € en ligne).

Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix, et du conseil pontifical pour les Migrants et les personnes en déplacement, a abordé trois pistes de réflexion ce mardi matin à l’Institut catholique de la rue d’Assas (cf. http://www.icp.fr/icp/index.php) : la « citoyenneté du monde », le « capital social » mondial, et « l’autorité politique supranationale ».

Le cardinal Martino a affirmé que « la lumière de l’Evangile est encore aujourd’hui le principal moteur du développement humain, non seulement dans les relations personnelles et sociales, mais aussi au niveau international et mondial ». Rappelons que le cardinal Martino a été pendant 16 ans représentant du Saint-Siège à l’ONU à New York.

Surtout, le cardinal Martino a rappelé les quatre principes fondamentaux de l’enseignement social catholique: la dignité et la liberté de la personne humaine, le bien commun, la subsidiarité, et la solidarité. “Le fondement de ce livre, c'est la personne humaine”, insistait le cardinal.

La notion, assez neuve, de “citoyenneté mondiale”, vient, expliquait par ailleurs le cardinal Martino, “avant tout autre citoyenneté légale nationale”, et “constitue un patrimoine de droits et de devoirs dont est dotée toute personne humaine, du simple fait de son appartenance à l’unique famille humaine”.

De là, expliquait le président de Justice et Paix, la condamnation du racisme, la protection des minorités, l’assistance due aux réfugiés, la mobilisation de la solidarité internationale envers les nécessiteux, indépendamment du fait qu’ils soient ou non citoyens d’un Etat.

Le cardinal évoquait également concept de “capital social mondial”, le “capital social” étant entendu comme la “principale ressource d’une communauté”: il englobe la confiance réciproque, la collaboration, la solidarité, le partage des valeurs communes, la réciprocité dans les relations.

Pour le cardinal Martino, préconisait l’extension d’un tel concept au niveau mondial, comme la principale ressource du village global. Il prenait comme exemple la mise en place de la Cour pénale internationale – non sans obstacles -, ou le processus de consolidation d’un “droit européen”, les nombreux cas où des lois d’un Etat acquièrent une valeur même à l’intérieur des frontières d’un autre, les norme set les sanctions imposées par des Organisations internationales, l’augmentation des Traités souscrits par le nombreux Etats. Le cardinal Martino voit dans ce processus qui doit être à la fois soutenu et orienté vers une collaboration réglée par le droit et ayant pour visée le bien commun.

Enfin, à propos de la nécessité d’une “autorité politique mondiale”, le cardinal Martino faisait observer que désormais, aucun Etat, si puissant soit-il, n’est plus en mesure de poser tout seul les bases de la paix mondiale ou du bien commun universel. Mais un tel concept d’autorité mondiale ne signifie pas qu’il faudrait écrire la constitution d’un “super-Etat” mondial: ce serait, précisait-il, erroné de penser l’ONU de cette façon. Il ne s’agit pas non plus, ajoutait le cardinal Martino, de se mettre autour d’une table pour préparer un schéma abstrait de règles coercitives. Il s’agit plutôt, préconisait le représentant du Saint-Siège, de “continuer à approfondir un processus de construction participée de niveaux transparents et subsidiaires d’autorité”?

Le compendium de l’enseignement social de l’Eglise catholique traite des sujets suivants : Le dessein d'amour de Dieu pour l'humanité ; la Mission de l'église et la doctrine sociale ; La personne humaine et ses droits ; Les principes de la doctrine sociale de l'église ; La famille, cellule vitale de la société ; Le travail humain ; La vie économique ; La communauté politique ; La communauté internationale ; Sauvegarder l'environnement ; La promotion de la paix ; Doctrine sociale et action ecclésiale.

Le cardinal Martino a entrepris une longue tournée mondiale pour faire connaître les ressources d’un tel livre et l’enseignement qu’il renferme pour tous les Etats et toutes les sociétés.

Il est disponible sur le site du Vatican, à la page du conseil pontifical également en italien et en anglais.

Le conseil pontifical et l’Université pontificale salésienne ont en outre publié en italien un « dictionnaire » de cet abrégé de façon à en faciliter l’utilisation. L’ouvrage, préparé par E. Colom et G. Crepaldi – secrétaire du conseil pontifical - , s’intitule « Dizionario di Dottrina sociale della Chiesa » (« Dictionnaire de la Doctrine sociale de l’Eglise », éditions LAS, Rome, 2005, 840 pp., 35 € ou 32 €, en ligne, ISBN 88-213-0604-6).

On peut y trouver par exemple aux mots “économie et éthique” (268-287), « entreprise » (409-415), « travail » (440-479), « marché » (531-535), « finance » (343-345) les renvois aux paragraphes du compendium et les références des documents de l’Eglise catholique sur ces thèmes, comme sur d’autres comme « environnement », « objection de conscience » ou « laïcité ».