Toute responsabilité dans l'Eglise est un service, déclare Benoît XVI

350.000 personnes pour la messe du pape à Beyrouth

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A. Bourdin

ROME, dimanche 16 septembre 2012 (ZENIT.org) – « Tout ministère, toute charge dans l’Église, sont d’abord un service de Dieu et des frères ! » : c’est en ces termes que Benoît XVI rappelle l’esprit de « service » mutuel qui caractérise, à la suite du Christ, la communauté des croyants. Un mot d’ordre ne quelque sorte pour l’Année de la foi.

Le pape a en effet présidé la messe dominicale de ce 12 septembre 2012, à Beyrouth, en plein air, sur le front de mer, à 10 h (9h heure de Rome), en présence de quelque 350.000 personnes selon le Vatican, et en présence de quelque 300 évêques catholiques et de pèlerins de la région, du président de la République et de nombreuses personnalités. Le pape a remis son « exhortation apostolique post-synodale » aux pasteurs de la région. A son arrivée à Beyrouth, le maire avait remis au pape les clefs de la ville. Temps au beau fixe, 28 ° C, en ce radieux début de matinée.

Arrivé en "papamobile", Benoît XVI a été accueilli par une foule en liesse, agitant les drapeaux du Liban et du Vatican. Au début de la célébration, le patriarche d’Antioche des Maronites, Béchara Boutros Raï, O.M.M., président de l’Assemblée des patriarches catholiques du Moyen-Orient (A.P.E.C.L.), lui a rendu hommage.

Le pape a donné le ton dans son homélie en rappelant l’attitude de service mutuel : « Tout ministère, toute charge dans l’Église, sont d’abord un service de Dieu et des frères ! C’est cet esprit qui doit animer tous les baptisés, les uns à l’égard des autres, notamment par un engagement effectif auprès des plus pauvres, des marginalisés, de ceux qui souffrent, pour que soit préservée la dignité inaliénable de toute personne ».

Ecouter le Christ

Le modèle, c’est le Christ lui-même, a souligné le pape en commentant l’Evangile de ce dimanche : « En annonçant à ses disciples qu’il devra souffrir, être mis à mort avant de ressusciter, Jésus veut leur faire comprendre qui il est en vérité. Un Messie souffrant, un Messie serviteur, et non un libérateur politique tout-puissant. Il est le Serviteur obéissant à la volonté de son Père jusqu’à perdre sa vie. C’est ce qu’annonçait déjà le prophète Isaïe dans la première lecture. Jésus va ainsi à l’encontre de ce que beaucoup attendaient de lui ».

L’apôtre Pierre lui-même est choqué des propos du Christ, ajoute le pape : « On entend la contestation de Pierre, qui lui fait des reproches, refusant pour son maître la souffrance et la mort ! Jésus est sévère à son égard, et il fait comprendre que celui qui veut être son disciple, doit accepter d’être serviteur, comme lui s’est fait Serviteur ».

Mais ce service suppose une grande intimité avec le Christ lui-même, précise Benoît XVI : « Décider d’accompagner Jésus Christ qui s’est fait le Serviteur de tous exige une intimité toujours plus grande avec lui, en se mettant à l’écoute attentive de sa Parole pour y puiser l’inspiration de nos actes ».

Il fait observer que c’est l’un des buts de l’Année de la foi qui s’ouvre le 11 octobre prochain : « J’ai voulu que chaque fidèle puisse s’engager de manière renouvelée sur ce chemin de la conversion du cœur. Tout au long de cette année, je vous encourage donc vivement à approfondir votre réflexion sur la foi pour la rendre plus consciente et pour fortifier votre adhésion au Christ Jésus et à son Évangile ».

Or, ajoute le pape, le chemin du service, c’est aussi un « chemin d’espérance pour tous » car « la gloire de Jésus se révèle au moment où, dans son humanité, il se montre le plus faible, particulièrement lors de l’Incarnation et sur la croix » : « C’est ainsi que Dieu manifeste son amour, en se faisant serviteur, en se donnant à nous ».

Oeuvrer à la paix

Continuant par le commentaire de l’Epître de l’Apôtre Jacques, le pape souligne les conséquences sociales de ce service fraternel : « C’est une exigence impérative pour l’Église de servir et pour les chrétiens d’être de vrais serviteurs à l’image de Jésus (…). Ainsi, servir la justice et la paix, dans un monde où la violence ne cesse d’étendre son cortège de mort et de destruction, est une urgence afin de s’engager pour une société fraternelle, pour bâtir la communion ! »

«  Je vous appelle tous à œuvrer pour la paix. Chacun à son niveau et là où il se trouve », a insisté le pape.

« Que Dieu bénisse le Liban, qu’il bénisse tous les peuples de cette région bien-aimée du Moyen-Orient et leur fasse le don de sa paix. Amen », a conclu le pape.

Toute la liturgie - en français et en latin - a été soutenue par un grand orchestre, un chœur et des chants en arabe, mais aussi les grand classsiques de la musique sacrée, l'Ave Maria et le "Panis Angelicus". Tout le mobilier sacré rappelait le Liban : des deux grandes souches de cèdres qui portaient l’autel au vert émeraude de l’espace sacré. 

A l’offertoire, le pape, attentif à chacun, a pris le temps de s’entretenir avec les fidèles qui, deux à deux, apportaient les offrandes (cf. « Documents » pour le texte intégral en français).