Toxicomanie : la famille, seule réponse globale

Mgr Chullikatt à l'Organisation des Etats américains

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 601 clics

« Les causes et les conséquences » de la dépendance aux drogues sont « liées à la dynamique familiale », estime le Saint-Siège, qui plaide pour une prévention et une lutte centrée sur la famille, afin de fournir « la seule réponse véritablement globale et centrée sur l'humain ».

Mgr Francis Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Organisation des États américains (OEA), a pris la parole au cours de la 43e session ordinaire de l'Assemblée générale de l’OEA, qui a eu lieu au Guatemala du 4 au 6 Juin 2013, sur le thème « Vers une politique antidrogue globale dans les Amériques ».

Mettre l’accent sur la famille

Pour le Saint-Siège, le problème mondial des drogues illicites est devenu « un défi multidimensionnel » exigeant une approche globale : il touche en effet « non seulement la dignité humaine » de la victime mais aussi « sa famille », qui souffre de conséquences « graves » et « à long terme » de la toxicomanie.

D’ailleurs, « les causes et les conséquences » de la dépendance aux drogues sont « liées à la dynamique familiale » : les études sur l'abus de drogues mettent en relief que les enfants des milieux familiaux solides héritent davantage des valeurs nécessaires pour éviter le fléau de la drogue.

La famille étant « le fondement même de la société », lorsque les drogues illicites détruisent le tissu social des familles, cela conduit inévitablement à « la déstabilisation de la société en général », ce qui se traduit notamment par « la violence liée au trafic de drogue ».

Mgr Chullikatt souligne la nécessité de « mettre l'accent sur la famille comme la pierre angulaire de la prévention, du traitement, de la réadaptation, de la réinsertion, et des stratégies de santé » afin de fournir « la seule réponse véritablement globale et centrée sur l'humain » à la drogue.

Il s’agit d’impliquer les relations familiales « dans toutes leurs dimensions: biologique, religieuse, psychologique, sociale, culturelle et économique », explique-t-il, insistant sur le besoin des toxicomanes « du soutien de leur famille » pour « surmonter la dépendance » et « devenir des exemples » pour les autres jeunes.

Protection de la vie humaine

A un plus large niveau, le Saint-Siège rappelle son engagement à « éduquer les consciences » et à « fournir les moyens de soulager la souffrance qui afflige ceux qui sont touchés » par le trafic de drogue.

Citant les évêques catholiques du Honduras et d’El Salvador, il fait part de son rôle actif pour « fournir des voies de dialogue » afin de mettre fin à la violence, et pour « diminuer la demande de drogues illicites ».

Dans les politiques comme dans les initiatives sociales, il plaide pour placer la personne humaine « au centre », non seulement en reconnaissant sa valeur intrinsèque, mais aussi en lui donnant une position de « responsabilité » qui seule peut « briser la chaîne de l'esclavage ».

Cela implique de donner la priorité à « la protection de la vie humaine », poursuit Mgr Chullikatt qui fait observer que cette protection englobe tous les stades, y compris « son stade le plus vulnérable ». Il condamne à ce sujet « l'industrie de l'avortement » qui signe « l'échec de la promotion et de la protection de la dignité de chaque vie humaine ».

Le Saint-Siège exprime également son opposition à la résolution intitulée « Droits de l'homme, l'orientation sexuelle et l'identité de genre et d'expression » et à la « Convention interaméricaine contre toutes les formes de discrimination et d'intolérance » : la création de nouvelles catégories de non-discrimination, tels les protections sur la base de « l'orientation sexuelle » et « l’identité de genre et d'expression » cherchent à « contourner les débats politiques nationaux » et à « saper les traditions juridiques, culturelles et religieuses nationales de la plupart des États de la région », met-il en garde.

Le Saint-Siège réaffirme que l’urgence est plutôt au « redoublement d'efforts » pour « faire respecter les droits fondamentaux fondés sur la dignité humaine et sur l'ordre moral naturel plutôt que de créer de nouvelles catégories de personnes ».