Trafic d'êtres humains : l'engagement déterminé du Saint-Siège

Conclusions d'un groupe de travail au Vatican

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 638 clics

Sous l'impulsion du pape François, le Saint-Siège exprime son engagement déterminé dans la lutte contre le trafic d'êtres humains, appelant notamment à une « tolérance zéro » envers la prostitution.

Selon une volonté expresse du pape, l’Académie pontificale des sciences et l’Académie pontificale des sciences sociales ont organisé un groupe de travail sur le trafic d'êtres humains, les 2 et 3 novembre 2013 (cf. Zenit du 23 août 2013).

Ce groupe de travail, en partenariat avec la Fédération mondiale des associations médicales catholiques (FIAMC), était intitulé « Le trafic d'êtres humains : un esclavage moderne » et avait pour objectif de « fixer un plan d’action en vue de les combattre ».

Les conclusions des travaux ont été présentées entre autres par le prof. Werner Arber, président de l'Académie pontificale des sciences, Mgr Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier, et le Dr José María Simón Castellví, président de la FIAMC, ce matin, 4 novembre, au Vatican.

« La prostitution doit disparaître, la tolérer n’est pas un moindre mal mais un mal pire encore » : c’est l’une des conclusions de la réunion, qui a permis d'élaborer 49 propositions et de prendre un nouveau rendez-vous pour 2015.

Quelque 80 représentants d'institutions chrétiennes qui combattent le trafic d’êtres humains étaient présents, et se sont penchés sur les problématiques de la prostitution, du travail forcé, du trafic d’organes.

Mgr Marcelo Sanchez Sorondo a souligné l'engagement du pape François dans cette lutte : « Je crois que le pape est particulièrement sensible à cette question et qu’il connaît directement le problème ; c’est pour cela qu’il nous a demandé d’y travailler. Et lorsque je l’ai vu il y a deux jours, il m’a dit : "Je tiens beaucoup à ce que vous êtes en train de faire, parce que c’est un matériel précieux et je voudrais faire quelque chose avec". Je pense donc qu’il fera effectivement quelque chose, quelque chose d’important, un changement radical ».

Parmi les participants, deux personnes ont travaillé pendant de nombreuses années avec lui lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires : « l’une d’elles est écrivain ; elle a fondé une association contre le trafic d’êtres humains et contre la prostitution ; l’autre personne, qui avait une association semblable, est aujourd’hui député », a précisé Mgr Sanchez Sorondo.

Le professeur Werner Arber a indiqué le programme de ces journées : « Nous avons notamment parlé en détail du vaste champ de la prostitution, qui inclut et touche même les enfants. Nous avons aussi abordé la question de l’augmentation du trafic d’organes, comme le foie pour les greffes, sans la permission de la personne impliquée. Ces pratiques, et d’autres manières similaires de manipuler les êtres humains pour des intérêts économiques, ont été considérées par les participants comme des formes d’esclavage moderne. Il sera difficile de proposer des remèdes à cette situation, mais j’espère beaucoup que l’on commencera à manifester de l’intérêt pour ces problèmes urgents ».

Le Saint-Siège espère en effet que ces deux jours de travaux pourront avoir des répercussions sur les décisions des États, afin de protéger hommes, femmes et enfants de toutes formes d’exploitation, précise Radio Vatican.

Enfin, José Maria Simon Castelvi a rappelé que « la prostitution est une forme de trafic des êtres humains et qu’elle doit disparaître. Il faut une tolérance zéro, parce que tolérer cela n’est pas un moindre mal, c’est un mal pire encore ! »

Pour Radio Vatican, « on peut désormais parler de changement radical dans la perception que le Vatican a aujourd’hui de ce phénomène. Une nouvelle rencontre devrait avoir lieu en 2014, sous l’égide des Académies pontificales des Sciences et des Sciences Sociales, pour préparer quatre jours de travaux qui auront donc lieu dans deux ans ».

Avec Hélène Ginabat pour la traduction