Travailler et contempler à l'école de saint Joseph

Catéchèse du 1er mai 2013

Rome, (Zenit.org) Pape François | 1164 clics

Travailler et contempler: le pape a uni ces deux thèmes, à l'école de saint Joseph lors de l'audience générale du mercredi 1er mai, place Saint-Pierre.

Le pape a dit notamment  sa préoccupation lors que le travail constitue un vrai "esclavage" en disant: "Tant de personnes, dans le monde, sont victimes de cette forme d’esclavage, où c’est la personne qui sert le travail, alors que ce devrait être le travail qui offre un service aux personnes, leur permettant de garder leur dignité. Je demande à tous les frères et sœurs dans la foi, et à tous les hommes et femmes de bonne volonté de faire un choix décisif contre la traite des personnes, qui englobe aussi le « travail d’esclave »."

Traduction de la catéchèse en italien du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour ! 

Aujourd’hui, en ce premier mai, nous célébrons saint Joseph travailleur et nous entrons dans le mois traditionnellement consacré à la Vierge Marie. Pendant cette rencontre, je voudrais donc m’arrêter sur ces deux figures si importantes dans la vie de Jésus, dans celle de l’Église et dans la nôtre avec deux brèves réflexions : la première sur le travail, la seconde sur la contemplation de Jésus.

Dans son Évangile, à un des moments où Jésus retourne dans son pays, à Nazareth, et où il parle dans la synagogue, saint Matthieu souligne l’étonnement de ses compatriotes devant sa sagesse, et la question qu’ils se posent : « Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? » (13, 55). Jésus entre dans notre histoire, il vient au milieu de nous, il naît de la Vierge Marie par l’opération de Dieu, mais avec la présence de saint Joseph, son père légal qui veille sur lui et lui enseigne même son travail. Jésus naît et vit dans une famille, dans la Sainte Famille, apprenant de saint Joseph le métier de charpentier, dans l’atelier de Nazareth, partageant avec lui l’effort, la fatigue, la satisfaction et même les difficultés quotidiennes.

Ceci nous rappelle la dignité et l’importance du travail. Le livre de la Genèse raconte que Dieu a créé l’homme et la femme en leur confiant la tâche de remplir la terre et de la soumettre, ce qui ne signifie pas l’exploiter, mais la cultiver et la préserver, en prendre soin par leur propre labeur (cf. Gn 1, 28 ; 2, 15). Le travail fait partie du plan d’amour de Dieu ; nous sommes appelés à cultiver et à préserver tous les biens de la création et c’est ainsi que nous participons à l’œuvre de la création ! Le travail est un élément fondamental pour la dignité d’une personne.

Pour le dire de manière imagée, le travail nous « oint » de dignité, nous remplit de dignité ; il nous rend semblables à Dieu qui a travaillé, et qui travaille, qui est toujours à l’œuvre (cf. Gn 5, 17) ; il donne la capacité de pourvoir à ses propres besoins, à ceux de sa famille, de contribuer à la croissance de sa nation. Et je pense ici aux difficultés que rencontre, dans  un certain nombre de pays, le monde du travail et de l’entreprise ; je pense à tous ceux, et ce ne sont pas seulement les jeunes, qui sont au chômage, très souvent à cause d’une conception économiste de la société qui recherche un profit égoïste, sans tenir compte des paramètres de la justice sociale.

Je désire adresser à tous une invitation à la solidarité, et aux responsables de la « chose publique » un encouragement à ne rien épargner pour donner un nouvel élan à l’emploi ; cela signifie se préoccuper de la dignité de la personne ; mais surtout, je voudrais vous dire de ne pas perdre espoir ; saint Joseph aussi a connu des moments difficiles, mais il n’a pas perdu confiance et il a su les surmonter, certain que Dieu ne nous abandonne pas.

Et je voudrais aussi m’adresser en particulier à vous, les jeunes, les garçons et les filles : engagez-vous dans votre devoir quotidien, à vos études, dans votre travail, dans vos relations amicales, dans le souci des autres ; votre avenir dépend aussi de la manière dont vous savez vivre ces années précieuses de votre vie. N’ayez pas peur de l’engagement, du sacrifice et regardez sans peur vers l’avenir ; entretenez l’espérance ; il y a toujours une lumière à l’horizon.

J’ajoute un mot sur une autre situation particulière de travail qui me préoccupe : je veux parler de ce que nous pourrions appeler le « travail d’esclave », le travail qui rend esclave. Tant de personnes, dans le monde, sont victimes de cette forme d’esclavage, où c’est la personne qui sert le travail, alors que ce devrait être le travail qui offre un service aux personnes, leur permettant de garder leur dignité. Je demande à tous les frères et sœurs dans la foi, et à tous les hommes et femmes de bonne volonté de faire un choix décisif contre la traite des personnes, qui englobe aussi le « travail d’esclave ».

J’aborde maintenant ma seconde réflexion : dans le silence de son activité quotidienne, saint Joseph avait, avec Marie, le même et unique centre d’attention : Jésus. Pleins de zèle et de tendresse, ils accompagnent et protègent la croissance du Fils de Dieu fait homme pour nous, réfléchissant sur tout ce qui se passait. Dans les Évangiles, saint Luc souligne deux fois l’attitude de Marie, qui est aussi celle de Joseph : « Elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (2, 19 ; 51). Pour écouter le Seigneur, il faut apprendre à le contempler, à percevoir sa présence constante dans notre vie ; il faut s’arrêter pour dialoguer avec lui, lui donner de la place par la prière.

Chacun de nous, et vous aussi les jeunes, les garçons et les filles, si nombreux ce matin, nous devrions nous demander : quelle place est-ce que je donne au Seigneur ? Est-ce que je m’arrête pour dialoguer avec lui ? Depuis notre enfance, nos parents nous ont habitués à commencer et à finir la journée par une prière, pour nous apprendre à sentir que l’amitié et l’amour de Dieu nous accompagnent. Souvenons-nous plus souvent du Seigneur au cours de nos journées ! Et en ce mois de mai, je voudrais rappeler l’importance et la beauté de la prière du chapelet. Lorsque nous récitons le « Je vous salue, Marie », nous sommes amenés à contempler les mystères de Jésus, c’est-à-dire à réfléchir sur les moments importants de sa vie, pour que, comme pour Marie et pour saint Joseph, il soit au centre de nos pensées, de nos attentions et de nos actions.

Ce serait beau si, en particulier en ce mois de mai, on récitait ensemble en famille, entre amis, dans la paroisse, le chapelet ou une autre prière à Jésus et à la Vierge Marie ! La prière dite ensemble est un moment précieux qui affermit encore davantage la vie de famille, l’amitié. Apprenons à prier plus souvent en famille et comme une famille !

Chers frères et sœurs, demandons à saint Joseph et à la Vierge Marie de nous enseigner à être fidèles à nos engagements quotidiens, à vivre notre foi dans nos activités de chaque jour et donner plus de place au Seigneur dans notre vie, à nous arrêter pour contempler son visage. Merci.

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat