Trente millions d'esclaves: "une honte"

L'engagement de soeur Eugenia Bonetti

Rome, (Zenit.org) Rédaction | 551 clics

Si l’humanité a « honte » de l’esclavage du passé, « celui d’aujourd’hui ne fait plus honte », dénonce Sœur Eugenia Bonetti : « il est devenu une chose normale, une chose acceptée, car désormais le fait qu’une personne puisse être vendue ou achetée fait partie de la culture ». Et pourtant, trente millions de victimes.

La Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage a été célébrée hier, 2 décembre 2013, en mémoire de la Convention sur la lutte contre le trafic de personnes de l’ONU (2 décembre 1949).

Sœur Eugenia Bonetti, missionnaire italienne de 74 ans, Prix international Femme de courage 2007 et Prix du citoyen européen 2013 « pour son engagement contre la traite des êtres humains », tire la sonnette d’alarme au micro de Radio Vatican.

« Les chiffres augmentent : lors du congrès voulu par le pape sur cette terrible plaie de la traite des êtres humains il a été souligné qu’il y a aujourd’hui environ 30 millions d’esclaves, ce qui est beaucoup plus qu’autrefois ».

Si l’humanité a « honte » de l’esclavage du passé, « celui d’aujourd’hui ne fait plus honte », dénonce-t-elle : « il est devenu une chose normale, une chose acceptée, car désormais le fait qu’une personne puisse être vendue ou achetée fait partie de la culture ».

Parmi les formes d’esclavages, elle cite « la plus terrible, l’esclavage sexuel chez les femmes et les enfants mineurs, mais aussi l’esclavage pour le travail, celui de la mendicité, des organes, des enfants soldats »

Pour la religieuse, « l’esclavage d’aujourd’hui est causé par une terrible situation de pauvreté », pauvreté qui est « exploitée ». Mais elle ne se résigne pas, et invite à souligner « les choses positives » qui existent, et à les « soutenir ».

Elle invite à la sensibilisation : « Quand nous avons rencontré le pape – nous, un petit groupe de religieuses qui travaillons dans ce secteur –  nous lui avons demandé de pouvoir avoir une journée par an au niveau ecclésial pour sensibiliser davantage les conférences épiscopales mais aussi les écoles, les paroisses, par les moyens de communication, à travers les familles, de manière à affronter vraiment ce problème et l’affronter de manière positive pour dire: ‘Jamais plus d’esclaves !’ ».

Avec d’autres religieux et laïcs, sœur Eugenia a créé en 2012 l’association « Slaves no more! », « Jamais plus d’esclaves ! », « pour combattre l’esclavage d’aujourd’hui et offrir [aux victimes] l’opportunité de retourner dans leurs pays avec dignité et de commencer une nouvelle vie grâce à un travail de réinsertion, d’assistance, d’aide financière ».

Traduction d’Océane Le Gall