Un avenir « humain », si la science respecte la dignité de l’homme

Commentaire de Mgr Basti

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ROME, Vendredi 4 Novembre 2005 (ZENIT.org) – La science et la technique doivent respecter la dignité de l’homme et la vie humaine durant toutes ses phases, a déclaré Benoît XVI à ses compatriotes le 3 novembre (ZF051103): Mgr Basti commente la réflexion du pape au micro de Radio Vatican, à la lumière du projet STOQ et du congrès sur la notion d’infini dans les sciences (ibid.). Mgr Basti souligne ainsi le propos du cardinal Poupard: il n’y a pas d’opposition entre la théorie de l’évolution et la théorie de la création.



Mgr Gianfranco Basti, directeur du projet STOQ et professeur de philosophie au Latran, souligne que « le cœur de cette affirmation du pape, de ce rapport indispensable qui doit exister entre les disciplines humaines et les disciplines scientifiques, est justement le but fondamental de tout notre travail dans les universités pontificales à travers le projet STOQ: “Science, Théologie et Quête Ontologique” ».

Or, en présentant le congrès, le cardinal Paul Poupard, président du conseil pontifical de la Culture, a souligné les risques d’une raison scientifique qui ait en elle-même sa propre fin, non sans ajouter qu’une religion sans raison devient proie du fondamentalisme.

Mgr Basti explique que le « juste équilibre » réside en effet dans le refus des « ismes », « synonymes de fondamentalisme, version post-moderne des idéologies de naguère ». « On dit, reprenait-il, que l’âge moderne a été l’âge des idéologies, maintenant, nous avons les fondamentalismes: un fondamentalisme laïc, ou laïcisme, un fondamentalisme religieux qui sont, justement des fondamentalismes de type idéologique qu’ils soient chrétien, islamique ou juif. Lorsque l’on travaille avec les scientifiques, on s’aperçoit que l’on ne trouvera jamais un scientifique fondamentaliste, scientiste ou laïciste. D’habitude, les « laïcistes » sont des personnes qui ne font pas de science ».

A propos du magistère de Jean-Paul II et de l’encyclique « Fides et Ratio », Mgr Basti souligne que « beaucoup » a changé. « Parce que cette encyclique est aussi le reflet dans le domaine théologique et ecclésial d’un changement de mentalité, survenu vers la moitié du siècle dernier, dans le domaine scientifique. Le dialogue entre science et foi, ou plutôt entre personnalités scientifiques et personnalités religieuses, n’est pas seulement une obligation morale, mais d’une certaine façon, également une nécessité scientifique. Il s’impose également par nécessité logique, pas seulement morale ».

A propos de Darwin, le cardinal Poupard a souligné, hier, qu’il « n’est pas un ennemi de l’idée chrétienne de création ».

Mgr Basti souligne: « Absolument! Il n’y a pas d’opposition entre la théorie de l’évolution et la théorie de la création. Darwin lui-même était sincèrement à la recherche d’un sens religieux de la vie, à la recherche de Dieu, y compris au niveau personnel. La polémique est née sur la vague du laïcisme qui a caractérisé une grande partie du XXe siècle, justement pour avoir inséré dans le schéma de la théorie darwinienne de l’évolution cette référence au hasard qui a ensuite été démentie au niveau de la recherche scientifique même. Nous avons donc d’une part une évolution sans hasard, et de l’autre un principe de création qui ne doit pas être confondu avec l’immanence, c’est-à-dire la création qui se place à un autre niveau, elle est simultanée au cours du temps. Même maintenant, Dieu est en train de nous créer! Le cours du temps est à l’intérieur de l’acte créateur de Dieu. L’acte créateur n’est pas seulement au début de l’univers ».