Un évêque américain au sommet de Paris sur le désarmement nucléaire

Mgr O’Brien réaffirme l’enseignement de l’Eglise sur la guerre

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ROME, Mercredi 10 février 2010 (ZENIT.org) - L'archevêque de Baltimore (Etats-Unis), Mgr Edwin O'Brien est intervenu mercredi dernier, à Paris, au sommet sur l'initiative Global zero pour l'élimination des armes nucléaires, réaffirmant les raisons qui portent l'Eglise à s'opposer fermement à une guerre nucléaire.

Durant la rencontre, qui a réuni plus de 200 personnalités internationales pour développer des stratégies visant à éliminer les armes nucléaires, l'archevêque, membre du comité justice et paix de la conférence épiscopale des Etats-Unis, a souligné les diverses étapes que les Etats-Unis doivent franchir pour éliminer ce type d'armes.

Réaffirmant que l'enseignement moral de l'Eglise sur les armes nucléaires se base sur son engagement à défendre la vie humaine, Mgr O'Brien a rappelé que le Saint-Siège avait « ratifié le Traité de non prolifération nucléaire et participé activement à diverses conférences pour examiner le Traité, ces quarante dernières années ».

L'archevêque a également rappelé que les évêques des Etats-Unis avaient publié des lettres pastorales et diffusé des communiqués publics sur la politique nucléaire du pays, et qu'ils sont en dialogue constant avec les fonctionnaires publics sur la question.

« Le risque réel inhérent à la guerre nucléaire fait que les probabilités de succès sont difficiles à atteindre », a-t-il dit.

Revenant sur les principes enseignés par l'Eglise concernant la guerre, Mgr O'Brien a expliqué que « dans l'enseignement de l'Eglise, la guerre nucléaire est rejetée car elle ne peut garantir l'immunité de tous ceux qui ne combattent pas ».

« La destruction et les radiations persistantes violeraient le principe de proportionnalité », a-t-il ajouté.

« Mini bombes » nucléaires

Pour l'archevêque américain, « même une utilisation limitée des soi-disant ‘mini bombes nucléaires' pourrait réduire les limites à d'éventuelles utilisations futures et provoquer des dommages non voulus et disproportionnés ».

« La possession persistante d'armes nucléaires mine les efforts pour leur non prolifération et contribue au danger que du matériel nucléaire perdu puisse tomber aux mains des terroristes ».

« Tout système d'armes nucléaires et toute politique sur les armes nucléaires devraient être pondéré et se fonder sur l'objectif ultime de défendre la vie humaine et la dignité, et celui de délivrer le monde de ces armes », a-t-il affirmé.

L'évêque a demandé que chaque pays détermine les phases à franchir pour atteindre ce but, signalant que « le chemin vers l'abolition sera long et dangereux ».

« Pour ma nation, a-t-il relevé, cela suppose des négociations et la ratification d'un début de prolongement du Traité avec la Fédération russe, la ratification du 'Traité d'interdiction complète des essais nucléaires' et l'adoption d'une attitude nucléaire bannissant l'utilisation comme première ressource des armes nucléaires et leur utilisation contre des menaces non nucléaires ».

« Cela ne sera pas simple, a-t-il reconnu. Les armes nucléaires peuvent être démantelées, mais ne peuvent effacer ni le savoir humain ni la capacité technique de construire des armes ».

« Cela dit, l'humanité doit entreprendre cette voie avec attention et courage, pour bâtir un avenir libéré de toute menace nucléaire », a conclu l'archevêque de Baltimore.

L'initiative Global Zero a été lancée en décembre 2008 pour promouvoir l'élimination des armes nucléaires. Le sommet de la semaine dernière a été organisé pour préparer le sommet mondial sur la sécurité nucléaire, prévu pour avril prochain, sur convocation du président des Etats-Unis Barack Obama, et la conférence de révision du Traité de non prolifération nucléaire, qui aura lieu le mois prochain.