Un grand frère qui s'oublie pour ses petites soeurs

Saint, franciscain, italien

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 578 clics

Le martyrologe romain fait aujourd'hui mémoire d'un saint franciscain italien, Thomas de Cori, prêtre (1655-1729).

Thomas avait connu les Frères Mineurs du monastère Saint-François de son village natal, Cori, près de Latina, au sud de Rome, et il aurait voulu embrasser la vie des disciples du Poverello. Mais comme il était resté orphelin à l'âge de 14 ans, il voulut d'abord assurer l'avenir de ses deux jeunes sœurs.

Ce n'est qu'après leur mariage qu'il demanda à entrer chez les franciscains, à Orvieto, près de Pérouse. Il fut ordonné prêtre en 1683 et il fut immédiatement nommé vice-maître des novices.

Mais il voulait vivre plus radicalement selon l'esprit de saint François et il fut envoyé au couvent de Civitella, aujourd'hui Bellegra, à peine fondé. Il s'y présenta en 1684 en disant : « Je suis frère Thomas de Cori et je viens pour devenir saint. » Il y instaurera les "retraites" en solitude qui fleurissaient alors dans l'Ordre. 

Cette solitude de Bellegra ne sera interrompue que par six ans passés au couvent de Palombara, au nord de Rome, comme « gardien », c’est-à-dire supérieur. Il y instaura la même "retraite" en solitude qu'à Bellegra. Il écrivit les règles de l'un et l'autre couvent, et il y donna l'exemple d'une observance scrupuleuse.

Ce qui frappe le plus dans sa spiritualité, c'est l'importance centrale de l'eucharistie. Ses biographes ont également noté l'absence de consolation sensible dans sa vie de prière, mais la profondeur de son union à Dieu lui permit cependant de traverser ses quarante années de vie religieuse dans la plus grande sérénité, dédié à la prière, à l'évangélisation et à la charité, une charité "exquise".

Son union à Dieu a en effet été la source de son apostolat infatigable au service des populations du Latium, en particulier les plus pauvres.Sa charité attira ses frères vers l'idéal exigeant de la vocation franciscaine, et il leur manifesta la plus grande disponibilité.

Il s'est endormi en Dieu le 11 janvier 1729. Il a été canonisé à Rome par le pape Jean-Paul II le 21 novembre 1999. Il disait dans son homélie : « Toute sa vie apparaît ainsi comme un signe de l'Évangile, un témoignage de l'amour du Père céleste, révélé dans le Christ et agissant dans l'Esprit Saint, pour le salut de l'homme. »

Ayant vécu toute sa vie dans la province de Rome, il est l'un des co-saints patrons de la Ville éternelle.