Un jésuite nommé François

Un pape forgé par des situations désespérées

Rome, (Zenit.org) Antonio Gaspari | 1304 clics

Un saint homme, humble, bon, charitable, qui a invité le peuple en fête à prier pour lui et qui a demandé d’aller rendre hommage à la Vierge Marie à Sainte-Marie-Majeure, dès le lendemain de son élection.

Voilà comment Jorge Mario Bergoglio, cet Argentin d’origine italienne, devenu le premier pape jésuite de l’histoire, le premier pape non européen, premier pape d’Amérique latine, seul jésuite au conclave, est apparu au balcon central de la basilique Saint-Pierre pour se présenter au monde et donner sa première bénédiction « urbi et orbi ».

Le nouveau pape a décidé de s’appeler François, et ceux qui le connaissent savent pourquoi, tant son nom est le reflet de sa nature : une personne très simple, qui n’aime pas prendre les taxis, circule en bus ou en métro, vous offre le café et le prépare lui-même, un homme qui a construit des paroisses et des centres de soutien dans les quartiers les plus pauvres de Buenos Aires.

Cardinal et archevêque de Buenos Aires avant de devenir le 265e successeur de saint Pierre, le nouveau pape François est une personne dotée en effet d’une humilité désarmante : témoin de charité et de miséricorde, il a consacré une grande partie de sa vie aux pauvres et aux malades, allant jusqu’à laver les pieds de personnes atteintes du sida, sans se soucier du vacarme que provoquerait sa décision.

Jorge Mario Bergoglio a mis les pieds dans les endroits les plus désespérés. Son habit clérical n’a jamais été pour lui une gêne, au contraire, mais le symbole de l’Église du Christ, symbole du pasteur à la recherche des brebis égarées.

Un curé raconte que ses paroissiens et lui attendaient la visite de l’archevêque pour des confirmations, quand ils ont vu arriver un prêtre à bicyclette, loin de s’imaginer qu’il s’agissait de l’archevêque.

Connu pour être un homme très priant, il a aussi passé une bonne partie de son temps à s’occuper des plus vulnérables et des plus démunis. C’est également un passionné de foot, fan d’une équipe argentine fondée par un prêtre et d’une équipe régionale italienne (la Juventus).

Un prêtre normal, qui sait ce qu’il fait et rigoureux comme un jésuite, bon et fraternel comme un franciscain, conscient des faiblesses humaines et de la miséricorde de Dieu. Tout ce qu’il demande est demandé modestement et il offre des prières à tous ceux qu’il rencontre.

Lors de sa première apparition, le pape François Iera demandé que l’on prie pour lui, offrant ensuite à chaque fidèle ses propres prières. C’est un père spirituel qui connaît la pauvreté et la souffrance, qui est proche des gens. Sa seule limite : l’âge. Il aura 77 ans le 17 décembre de cette année.

Au conclave de 2005, il a été le plus voté après Joseph Ratzinger. Il pouvait bloquer son élection, mais humblement il a demandé de voter pour le futur Benoît XVI. Il a toujours refusé les privilèges, quels qu’ils soient. Il a toujours cherché à nouer des liens fraternels avec les pauvres et les faibles. En Argentine, ils sont nombreux à penser qu’il est un saint.

À noter également que le nouveau pape est originaire d’un pays profondément catholique, situé au milieu de deux océans, entre l’Atlantique et le Pacifique. Il était difficile de prévoir son élection, mais deux heures avant la fumée blanche, j’ai rencontré un très bon ami, le prof. Guzman Carriquiry, secrétaire de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, ancien sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs, qui m’a dit être convaincu que le nouveau pape serait le cardinal Bergoglio.

Traduction d'Océane Le Gall