Un journaliste italien, Odoardo Focherini, sauva de nombreux juifs de la shoah

Sa mémoire saluée par Benoît XVI

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ROME, Vendredi 8 juin 2007 (ZENIT.org) – Un journaliste italien, Odoardo Focherini, sauva de nombreux juifs de la shoah : le pape Benoît XVI lui rend hommage à l’occasion du centenaire de sa naissance, le 6 juin 1907.



Le message du pape est adressé, sous la signature du cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, aux diocèse de Carpi, dans la province de Modène, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Odoardo Focherini, qui a été reconnu « Juste parmi les Nations » par l’Etat d’Israël en 1969.

Sa cause de béatification s’est conclue au niveau diocésain en 1998. Les actes ont été communiqués à la congrégation romaine pour les Causes des saints.

Samedi 9 juin, la mémoire d’Oderico Focherini sera honorée au cours d’une messe, en présence du cardinal Francis Arinze, préfet de la congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements.

Selon la synthèse de Radio Vatican, le pape voit dans Odoardo Focherini, « une inoubliable figure d’époux chrétien, dont l’exemple vertueux continue à parler à l’Eglise aujourd’hui ».

Benoît XVI espère que ce centenaire « contribue à rappeler le lumineux message et l’intrépide témoignage évangélique d’un laïc aussi généreux qui, à l’imitation du Christ, s’est dévoué incessamment pour le salut de ses frères ».

Il était en effet marié, père de sept enfants et journaliste. Mais il était surtout un homme courageux. En mars 1944, il se rendait à l’hôpital « Ramazzini » de Carpi pour une de ses missions clandestines. Un juif était en effet hospitalisé et il devait organiser sa fuite. Mais il fut arrêté.

Focherini était administrateur du quotidien « L’Avvenire d’Italia » et il était devenu Chevalier de Saint Sylvestre par volonté du pape Pie XI en 1937.

Il organisait la fuite des juifs persécutés vers la Suisse et favorisait les contacts avec les soldats au front ou portés disparus, avec l’appui de la curie épiscopale de Modène et de Carpi mais aussi grâce à sa maison de Mirandola.

Au moment de son arrestation, il avait réussi à faire échapper 100 juifs des griffes des nazis.

Le 5 juillet 1944, il fut transféré au camp de concentration de Fossoli, près de Carpi, puis à Gries, près de Bolzano, et enfin, à Hersbruck, l’un des 74 annexes du camp de Flossenburg, en Bavière orientale. C’est là que Focherini mourut, à la veille de Noël, en 1944: il avait 37 ans.