Un monastère, c’est surtout « un lieu de force spirituelle »

Visite de Benoît XVI à Heiligenkreuz

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ROME, Lundi 10 septembre 2007 (ZENIT.org) – Un monastère c’est surtout « un lieu de force spirituelle », déclare Benoît XVI.



Le pape s’est rendu à l’abbaye cistercienne de Heilingenkreuz, située à 15 km de Vienne : le monastère a été fondé en 1135 par Léopold III, à la demande de son fils Othon, entré dans l’Ordre quelques années auparavant. L’église abbatiale, de style roman-gothique, a été bénie en 1187.

Le pape a été accueilli par l’abbé et par le recteur de la faculté pontificale de théologie qui l’ont accompagné jusqu’à l’autel où étaient exposés le Saint-Sacrement et la relique de la Sainte-Croix. Etaient présents à la rencontre les moines de l’abbaye cistercienne, ainsi que les professeurs et les étudiants du Collège teutonique de Heilingenkreuz, les autorités locales, des évêques autrichiens et des représentants de la paroisse. Quelque 15.000 personnes attendaient entre l’extérieur de l’abbaye et le cloître : le pape a salué la foule avant d’entrer.

L’abbaye est le siège d’une académie de théologie depuis février dernier, et elle porte le nom de Benoît XVI.

Après la salutation de l’abbé, le P. Gregor Henckel Donnersmarck, Benoît XVI s’est adressé à l’assemblée, en disant : « Le noyau du monachisme est l’adoration, le fait de vivre à la façon des anges (…). Ce n’est vraiment pas téméraire si, dans une liturgie totalement centrée sur Dieu, dans les rites et dans les chants, on voit une image de l’éternité ».

Il a évoqué le double sens en allemand du terme « Klösterreich », qui définit l’Autriche (« Österreich ») à la fois comme un « royaume de monastères » et « riche en monastères ».

Benoît XVI a réaffirmé que « en tant qu’oasis spirituelle », un monastère « indique au monde d’aujourd’hui la chose la plus importante, et même, la seule chose décisive : il existe une dernière raison pour laquelle cela vaut la peine de vivre : c’est dire Dieu, et son amour impénétrable ».

« Et je vous exhorte, vous, chers fidèles, ajoutait le pape, à considérer vos abbayes et vos monastères pour ce qu’ils sont et veulent toujours être : non seulement des lieux de culture et de tradition, ou même de simples entreprises économiques. Leur structure, leur organisation, et l’économie sont nécessaires aussi dans l’Eglise, mais ce n’est pas l’essentiel. Un monastère est surtout ceci : un lieu de force spirituelle ».

Avant de quitter l’abbaye, le pape s’est arrêté pour saluer un moine âgé qui a échappé à la persécution nazie.

En cadeau, Benoît XVI a reçu un psautier utilisé par les moins pour leur chant choral et un tableau réalisé par un religieux et représentant le fondateur de l’abbaye, Léopold III.

Le P. Karl Walner, recteur du collège pontifical, a confié au micro de Radio Vatican, que de tels havres de paix seront « toujours plus importants justement parce que les gens ont besoin d’une oasis de silence où se retirer ». Il ajoutait que « le monastère est toujours plein ».