Un réseau catholique propose d’adopter des « papas » dans les pays pauvres

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ROME, Jeudi 24 juillet 2008 (ZENIT.org) - « Si chaque famille italienne offrait une semaine de son travail, en donnant vingt cinq euro, nous arriverions à aider plus de 100.000 chefs de famille dans le sud du monde ». Ce sont les objectifs et les défis lancés par Giuseppe Rotunno, secrétaire national pour l'Italie du « Comité de liaison des catholiques pour une civilisation de l'amour ».

L'initiative a un nom éloquent : « Adopte un papa ». Elle est née en l'an 2000, le jour de la saint Joseph, la fête des pères, partie de l'exigence d'offrir un travail et donc une possibilité de reprise socio-économique immédiate à une famille pauvre du sud de la terre.

Les missionnaires, qui constituent un point de repère pour des centaines de milliers de personnes pauvres jouent un rôle déterminant pour atteindre cet objectif, rappelle « L'Osservatore Romano ». Ce sont les missionnaires, hommes et femmes, qui ont accepté, par le biais du « Comité » d'offrir un travail aux pères et aux mères en difficulté. 

Les prêtres et religieuses des régions pauvres du monde sont quotidiennement confrontés à un drame qui devient de plus en plus pressant. Des milliers d'hommes et de femmes se rendent dans les missions pour réclamer un travail ou un repas chaud pour leur famille. Les missionnaires les aident en fonction des dons qu'ils ont reçus, en offrant un travail au chef de famille, évitant ainsi qu'il abandonne le village ou son domicile.

« Ceux qui adoptent un papa ou une maman en leur offrant du travail, a expliqué Giuseppe Rotunno - pourront entrer en contact direct avec le missionnaire responsable sur place et recevoir la fiche du travail exécuté ». 

Depuis l'année 2001, les aides venues d'Italie ont permis à 1.000 papas de travailler pendant une année entière. 25 euro sont suffisants pour pouvoir rendre le sourire à des familles entières dans le besoin.

Les chefs de famille sont « soumis à des contrats » auprès des prêtres et religieuses à l'intérieur des missions et travaillent comme cuisiniers, artisans, agriculteurs, enseignants. 

Le « Comité » n'est qu'un intermédiaire entre les citoyens italiens et les missionnaires dans les pays pauvres. Les responsables sont les Instituts et les congrégations de missionnaires qui ont leur siège en Italie.

Les missions où les chefs de famille ont pu trouver un travail se trouvent en Bolivie, Kenya, République Démocratique du Congo, Philippines, Côte d'Ivoire, Brésil, Burkina Faso et Inde. 

La campagne de solidarité veut créer un rapport direct entre les peuples, en éduquant à la responsabilité personnelle.

Le père Piero Gheddo, missionnaire de l'Institut pontifical des missions étrangères (PIME) et assistant spirituel de l'association, explique par ailleurs sur le site du « Comité » que cette initiative a également pour but de « passer de l'idée que l'argent résout tout à la prise de conscience que pour aider vraiment les pauvres il faut nous éduquer à cette rencontre de peuples, grâce à une participation directe et une approche aux situations concrètes des misères du monde ». 

« Les pauvres ne sont pas des numéros, mais des personnes. Nous ne pouvons aider vraiment les pauvres en vivant dans l'opulence, dans le superflu : il faut changer notre ‘modèle de vie'. L'excès de richesse est inhumain par rapport à l'excès de pauvreté, de misère. Nous avons tous besoin, riches et pauvres du monde, ajoute le missionnaire, d'une ‘révolution culturelle' inspirée de l'Evangile et du modèle de Jésus Christ ».

Pour plus de renseignements, cf. www.civiltadellamore.org