Un revers pour la protection des embryons : L’Union européenne face à un défi bioéthique majeur

Communiqué des évêques d’Europe

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ROME, Mercredi 26 juillet 2006 (ZENIT.org) – « Le Secrétariat de la COMECE a suivi avec grande attention l’élaboration du 7ème Programme cadre de recherche de l’Union européenne pour la période 2007-2013 et exprime sa profonde déception concernant la décision du Conseil des Ministres européens du 24 juillet 2006 », annonce un communiqué de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne publié ce mercredi.



L’Eglise catholique a conscience de l’importance de promouvoir au sein de l’Union européenne, une économie basée sur la connaissance, la recherche et l’innovation. En ce sens, le 7e Programme cadre de recherche est un instrument essentiel pour soutenir la recherche et l’innovation à l’échelle de l’Union européenne. Comme l’ont indiqué les évêques de la COMECE lors de la réunion plénière de novembre 2005, « la science et la recherche contribuent de façon significative à la qualité de vie, en particulier dans le domaine de la santé où de nouveaux choix thérapeutiques sont disponibles. Elles sont aussi un facteur important pour le développement économique. »

Dans sa version actuelle, le 7e PCR continue, comme le programme précédant, à promouvoir la recherche sur les cellules souches d’embryons humains, avec le soutien du Parlement européen et en dépit de l’opposition de certains Etats membres, qui ne sont cependant pas parvenus à obtenir des garanties plus respectueuses de la dignité humaine, à l’occasion du Conseil des Ministres européens ce lundi 24 juillet. En complément de l’accord obtenu en Conseil des Ministres, la Commission européenne a ajouté une déclaration en 12 points qui prévoit notamment que le 7e PCR ne pourra certes pas financer la destruction d’embryons humains, mais uniquement les étapes ultérieures de recherche sur des cellules souches embryonnaires.

Cette déclaration est un leurre puisque le financement européen de la recherche sur les cellules souches embryonnaires risque justement de susciter, au niveau des Etats, l’étape préalable de destruction des embryons humains. C’est pour cette raison que le Secrétariat de la COMECE réitère son objection au financement par l’UE de la recherche impliquant, directement ou indirectement, la destruction d’embryons humains. Comme l’a indiqué le Comité exécutif de la COMECE le 31 mai 2006, « Traiter un embryon humain comme un sujet de recherche n’est pas compatible avec le respect de la dignité humaine ». Il est par ailleurs regrettable, vu les paramètres du débat au Conseil, que les Ministres européens ne soient même pas parvenus à s’accorder sur des garanties plus restrictives concernant l’utilisation des embryons humains.

L’instrumentalisation des embryons humains à des fins de recherche, c'est-à-dire leur destruction ou la recherche sur les cellules souches dérivées de ces embryons, n’est pas acceptable. Cette recherche n’est par ailleurs pas réellement fondée sur une nécessité scientifique puisque les cellules souches adultes et ombilicales présentent, selon les experts, une voie alternative avec des perspectives thérapeutiques intéressantes et réalistes.

Le Secrétariat de la COMECE constate avec perplexité la contradiction entre cette décision, qui implique une atteinte à la dignité de l’homme au début de son existence, et les objectifs de l’Union européenne de promouvoir des solutions thérapeutiques visant à sauver des vies humaines. Cette décision est également en contradiction avec la Charte des Droits fondamentaux qui stipule dans son article 1 que « la dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée ».

Ainsi, nous alertons l’opinion publique sur la gravité de cette décision et nous soulignons de nouveau l’importance fondamentale des enjeux socio-éthiques et bioéthiques de ce débat pour l’Europe de demain. Nous invitons nos concitoyens européens, et spécialement les catholiques, à prendre conscience de l’enjeu anthropologique de ce débat sur la dignité humaine. Nous les appelons à s’engager pour que s’ouvre un tel débat au niveau des institutions européennes, au sein des Etats membres et dans la société civile, dans les tous prochains mois et en prévision de la seconde lecture au Parlement européen à l’automne.

S.E Mgr Adrianus VAN LUYN, évêque de Rotterdam, Président
Mgr Noel TREANOR, Secrétaire général