Un synode « merveilleux, difficile, possible »

Diagnostic du cardinal John Tong Hon

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Hélène Ginabat

ROME, vendredi 19 octobre 2012 (ZENIT.org) – « Merveilleux, difficile, possible » : c’est par ces trois mots que le cardinal Hong Ton a donné ses impressions sur le synode.

L’évêque de Hong Kong, a participé hier, jeudi 18 octobre, à la conférence de presse organisée par le Saint-Siège pour la présentation du « Rapport après la discussion ». 

Le cardinal Tong Hon est l’un des trois présidents délégués du synode. Il a partagé avec joie et simplicité son expérience avec les pères synodaux.

Les évêques parlent avec leur cœur

C’est « merveilleux » d’être ici, « rassemblés avec des frères évêques du monde entier, pour se rencontrer et s’écouter », a dit d’emblée le cardinal chinois, qui n’en est pas à son premier synode.  « Les évêques parlent avec leur cœur », a-t-il ajouté.

L’évêque de Hong Kong, qui a participé  à l’Assemblée spéciale pour l’Asie du synode des évêques, en 1998, reconnaît qu’il apprend beaucoup sur les réalités de l’Eglise. « Et plus j’apprends, a-t-il dit,  plus je peux affirmer que la première de mes priorités pastorales est l’évangélisation ».

Difficile, mais possible

Hong Kong manque de vocations religieuses. Pour le cardinal Tong Hon, ce problème vient de l’influence du matérialisme et de l’hédonisme. « Il faut des exemples vivants de prêtres heureux qui vivent leur foi, pour éveiller des vocations », a-t-il affirmé avec conviction.

Une conviction enracinée dans une expérience personnelle : « Il y a 60 ans, c’est la figure d’un missionnaire qui a influencé ma vocation », a confié l’évêque, « nous avons toujours invité des missionnaires en Chine ».

Actuellement, d’autres communautés ecclésiales font face aux mêmes difficultés et le cardinal Hong Ton s’est réjoui des échanges à ce sujet : « C’est très utile d’entendre les expériences des autres pays, nous pouvons  nous tenir les coudes ».

 En revanche, depuis quelques années, Hong Kong enregistre plus de 3000 baptêmes d’adultes par an, et ce chiffre est en augmentation. « Ma priorité pastorale est de faire augmenter encore le nombre de baptêmes », a déclaré l’évêque pour qui « difficile » ne signifie pas « impossible ».

Il a aussi indiqué qu’à Hong Kong, les laïcs sont très responsables et prennent part à l’évangélisation. Récemment l’Eglise a enregistré 1000 catéchistes volontaires.

Et pour illustrer le terme de « possible », le cardinal a ajouté : « Ce synode est un temps d’espérance, parce que nous sommes unis et solidaires, sous la conduite de l’Esprit-Saint. La présence du pape, toujours là lors des congrégations générales, est très encourageante et inspirante. Beaucoup d’idées positives sont partagées pour aller de l’avant ».

Préoccupations synodales et tradition chinoise

Beaucoup d’évêques ont exprimé que leur principale préoccupation était les familles et les laïcs. « Cela rejoint la culture chinoise, a précisé le cardinal Tong Hon, dans laquelle la famille est très importante »

« Selon la tradition chinoise, a-t-il encore expliqué, il faut toujours corriger et examiner son cœur avant de vouloir s’occuper de sa famille et la garder dans le droit chemin, pour pouvoir sortir ensuite et rendre la société plus harmonieuse, et enfin aller dans le monde entier. Ce sont les enseignements de nos ancêtres, il y a plus de 2000 ans. Je suis d’accord avec les pères synodaux : il faut d’abord se convertir et se laisser évangéliser, fortifier sa foi. D’abord laisser l’évangile entrer dans son cœur et ensuite sortir pour aller prêcher ».

Lors de la première matinée de travail du synode, le 8 octobre,  le cardinal John Tong Hon, président délégué, avait indiqué que le mot « crise », en chinois, est composé des deux idéogrammes : « danger » et « opportunité », ce qui n’est pas sans rejoindre son appréciation sur le synode : « difficile mais possible ».

A propos de la Chine

Commentant la lettre adressé par un évêque de Chine (cf. Zenit du 16 octobre) : « C’est un vieil évêque, c’est pour cela qu’il était capable de très bien écrire en latin », a-t-il fait remarquer avec humour. «  Je pense qu’il a voulu monter que lui-même et sa communauté sont fidèles au pape et en pleine communion avec l’Eglise universelle. Il a voulu exprimer son respect au Saint-Père. C’est arrivé dans d’autres synodes que des évêques écrivent au pape. C’est un franciscain ».

Le cardinal a aussi déploré que les évêques chinois n’aient pas été autorisés à sortir. « Priez pour l’Eglise de Chine afin qu’elle puisse un jour jouir d’une entière liberté. Le gouvernement, s’il s’ouvrait davantage, y gagnerait une meilleure réputation ».

Le synode est arrivé à mi-parcours, a-t-il fait observer, et les sujets qui n »’otn pas encore été abordés peuvent l’être : Benoît XVI pourra « les intégrer et explorer ces questions pendant la seconde partie. Il y a encore 10 jours de discussion ».