Une bienheureuse hongroise qui sauve des juifs au prix de sa vie (2)

Sára Salkaházi sera béatifiée en septembre prochain

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ROME, Mardi 27 juin 2006 (ZENIT.org) – Benoît XVI a approuvé le rite de béatification d’une religieuse hongroise assassinée parce qu’elle protégeait des Juifs, pendant la seconde guerre mondiale, comme nous l’annoncions le 22 juin dernier : il s’agit de Sára Salkaházi, belle figure du « mouvement féminin catholique du XXe siècle », que présente aux lecteurs de Zenit le P. Ottó Molnar, curé de la Mission catholique Hongroise de Paris (cf. http://magyarmisszio.free.fr).



La servante de Dieu Sára Salkaházi, tuée le 27 décembre 1944, par l’occupant nazi, avec les réfugiés juifs qu’elle avait cachés, sera en effet béatifiée à Budapest, le 17 septembre, sur le parvis de la basilique Saint-Etienne, à 11 h : une béatification approuvée par Benoît XVI le 28 avril dernier.

Le pape a autorisé la congrégation pour les Causes des saints à promulguer le décret concernant « le martyre de la servante de Dieu Sára Salkaházi, de l’institut des sœurs de l’Assistance, née le 11 mai 1899 à Kassa (Kosice, actuellement en Slovaquie) et morte en décembre 1944 à Budapest (Hongrie) ».

Son procès de béatification avait été introduit en 1997.

Le cardinal Peter Erdö, primat hongrois, a salué la décision en disant : « Je crois qu’en l’année du renouveau spirituel de la Nation, le Saint-Père ne pouvait pas faire de plus beau cadeau à l’Eglise, et même à toute la société hongroise ».

Le P. Otto Molnar souligne que la future bienheureuse, née dans une famille bourgeoise, a été « très tôt sensible aux problèmes sociaux ».

« Comme jeune intellectuelle, explique-t-il, elle a largement contribué au développement d’une presse hongroise dans l’ancienne Tchécoslovaquie. Elle a même fondé une revue catholique pour les femmes ».

Pour ce qui est de sa vocation religieuse, elle était fiancée lorsqu’elle choisit de répondre à l’appel intérieur à se consacrer totalement au Christ, et elle rompit ses fiançailles.

« Après avoir été successivement enseignante, écrivain, rédacteur, elle se plonge alors dans l’action sociale, et finalement décide de devenir missionnaire au Brésil. Mais la guerre éclate et l’empêche de réaliser son projet ».

Sa communauté, de l’institut des sœurs de l’Assistance (Szociális Testvérek Társasága) est également « engagée politiquement dans le domaine du droit social : leur porte-parole charismatique était sœur Marguerite Schlachta, une des rares femmes députés dans le parlement hongrois de l’entre-deux guerre », précise le P. Molnar

« En 1944, raconte-t-il, les maisons de la communauté sont devenues de plus en plus des refuges pour sauver des juifs. Tout particulièrement celle dont Sára Salkaházi était responsable, et située rue Bokréta, à Budapest ».

Mais, le 27 décembre 1944, les nazis arrêtent Sára Salkaházi en même temps que les juifs qu’elle avait cachés.

Le P. Molnar évoque ces moments tragiques au cœur de l’hiver hongrois: « Tous sont amenés au bord du Danube, contraints à se dévêtir complètement, puis par une même fusillade sont projetés dans les eaux glacées du fleuve. Juste avant l’exécution, elle s’est tournée vers ses bourreaux, faisant un signe de croix et levant les yeux au ciel ».