Une Eglise humble à la suite du Christ humble

Le message du synode au Peuple de Dieu

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Hélène Ginabat avec Anita Bourdin

ROME, dimanche 28 octobre 2012 (ZENIT.org) –  Le Message final du synode reflète une « Eglise humble », mais humble « à la manière du Christ » : ce n’est une « stratégie », fait observer Mgr Tagle.

Le « Message au peuple de Dieu »de la XIIIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques a été présenté à la presse le vendredi 26 octobre, par le cardinal Giuseppe Betori, archevêque de Florence et président de la commission du synode pour le Message, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et secrétaire spécial et Mgr Luis Antonio G. Tagle, archevêque de Manille et vice-président de la commission pour le Message – et cardinal désigné.

Une Eglise humble

Pour Mgr Tagle, le message est un reflet fidèle de l’esprit qui a accompagné le synode. Il représente aussi d’autres points forts.

Tout d’abord, l’accent mis sur le retour à la « rencontre avec Jésus », « l’appel universel à la sainteté », le besoin de « conversion » à commencer par les évêques.

Ce message est donc « l’expression d’une Eglise humble », qui est « aussi bouleversée que l’humanité », qui reconnaît « sa part de responsabilité dans les blessures de celle-ci » : c’est une Eglise « qui parle le langage de cette humanité ».

Mais  « l’humilité, a-t-il ajouté immédiatement, « n’est pas une stratégie : c’est la manière d’être de Jésus ! ». C’est pourquoi « nous n’avons pas d’autre choix que d’être humbles et cela, non seulement maintenant mais en tous temps ».

Une Eglise vivante

« L’Eglise est vivante » : c’est ce que reflète le Message. « Les interventions concrètes apportées par les intervenants en sont la preuve », constate le cardinal Betori. Il ne s’agit pas de nier les problèmes, dit-il, mais de chercher « comment avancer à notre époque ».

Pour l’archevêque de Manille, Mgr Tagle, « il est important d’affirmer que l’Eglise est vivante » car, si les inquiétudes de voir le nombre des chrétiens diminuer ont été souvent évoquées au cours du synode, « en Asie, être une minorité n’a rien de nouveau, nous n’avons jamais connu que cela » et cela n’empêche pas l’Eglise d’y être vivante.

Une Eglise réaliste

D’ailleurs, ajoute-t-il, « on n’a pas nié les problèmes, on les a abordés, en particulier dans les petits groupes, et on en a parlé avec beaucoup d’émotion » : la réponse se trouve dans le Christ qui est « le principe », et « le synode est là pour nous guider et nous aider à trouver les solutions » et « tout ne peut pas être mis dans le message » : « beaucoup de réponses seront dans les propositions et dans l’exhortation. Le but du message n’est pas de dire « ce que nous devons faire » : « c’est un encouragement et une direction pour aller de l’avant, par exemple le paragraphe invitant à la conversion ».

Le phénomène des migrations en est une illustration. Il a été abordé, explique le vice-président de la commission, « sous deux angles » : d’un point de vue négatif, on constate que chaque jour, plus de 2000 personnes émigrent des Philippines. Il s’agit de reconnaître que « quelque chose manque dans notre monde, dans nos familles ». Mais d’un point de vue positif, on observe qu’ « à travers les migrations des Philippins, la foi des croyants se répand dans le monde ».

L’accueil des divorcés-remariés

A propos de l’accueil dans l’Eglise des divorcés-remariés, thème souvent abordé dans les carrefours et dont le document de travail précise qu’ils doivent être accompagnés par l’Eglise, le cardinal Betori explique que « la formulation de la problématique reste celle qui a été entendue à Milan, à la rencontre des familles, telle que le pape l’a présentée » : « L’accueil, dit-il, doit se faire dans les différentes réalités d’Eglise, tout en respectant la discipline ».

La question du dialogue avec les religions, elle aussi souvent évoquée, sera abordée dans les propositions : « Dans le concret, toutes ces situations sont différentes et uniques, fait observer « Il est difficile, fait observer l’archevêque de Manille, de répondre à toutes ces questions dans un tel message.

Pour le président de la commission du message, « les choses ne vont pas changer dès lundi, parce que le synode n’est pas terminé. Il faut attendre l’exhortation ».

La communion dans la diversité

Les intervenants ont fait observer que le message « part de l’expérience des évêques » et « rejoint chacun dans sa spécificité » : il « reflète la communion, tout en laissant place à la diversité », a relevé Mgr Tagle, et il s’adresse à chaque continent.

Pour le cardinal Betori, la commission est consciente « depuis le début » que le message est un peu long, mais « le thème ne permet pas de faire plus bref parce qu’il aborde de nombreux aspects très importants de l’Eglise ».

Il a aussi précisé, en réponse à la question d’un journaliste, que ce message n’était pas explicitement adressé « aux catholiques qui ont quitté l’Eglise », bien qu’ils soient eux aussi concernés par le sujet.

Le message est long et on en a conscience depuis le début, mais le thème ne permet pas de faire plus bref parce qu’il aborde de nombreux aspects très importants de l’Eglise. Il faut communiquer les différents éléments en fonction des contextes.

Langage biblique

L’accent n’est pas mis sur les mouvements de dévotion mariale et la dévotion populaire, qui sont bons et vrais mais n’ont pas tenu une place essentielle même si on en a parlé.

Si le message ne parle pas de « feu », il parle en revanche de conversion, d’écoute de la Parole, de la rencontre avec le Christ… Tout cela est le fruit de l’Esprit-Saint.

Les archevêques ont fait observer  que le langage du message est davantage biblique que théologique. C’est pourquoi, par exemple, on a traité la question du mariage et de la vie consacrée dans le même paragraphe.

La nouvelle évangélisation ne met pas un voile sur la première. Il est clair que la première évangélisation est nécessaire aussi dans les pays de nouvelle évangélisation. Mais le thème du synode n’est pas « l’évangélisation » mais « la nouvelle évangélisation »

Pour Mgr Tagle, c’est une « belle expérience » d’avoir été être membre de cette commission, un moment « enrichissant ».

L’Eglise en dialogue

Important d’affirmer que l’Eglise est vivante. On a parlé aussi des inquiétudes de voir la foi s’affadir. Mais en Asie, « être une minorité n’a rien de nouveau, nous n’avons jamais connu que cela »

On ne parle pas du « salut des âmes » mais on parle de l’appel à reconnaître son péché personnel, du combat contre le mal, de la vie donnée par le Christ. Toute la réalité du salut des âmes est sous-jacente dans le message.

Enfin, Mgr Carré a fait observer que le synode est « une expérience vécue » par les participants, c’est plus « difficile à transmettre ». Mais c’est le rôle des évêques, à leur retour, de « le transmettre aux autres évêques et autour d’eux ».