Une encyclique sur la charité: une « première absolue »

Présentation à la presse

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ROME, Mercredi 25 janvier 2006 (ZENIT.org) – Mgr Paul Josef Cordes a souligné l’importance de cette encyclique pour le dicastère qu’il dirige. C’est pourquoi un congrès de deux jours sur le thème de la charité a précédé la présentation de l’encyclique.



Il rappelait que Cor Unum « est responsable de l\'exécution des initiatives personnelles du pape comme signe de sa compassion pour certaines situations de misère ».

Mgr Cordes a révélé que Jean-Paul II avait envisagé une encyclique sur la charité, sans porter le projet à son terme.

Il a également souligné que cette encyclique sur la charité est une première absolue dans les encycliques pontificales.

Le pape, disait-il, « nous recommande de faire attention à l’esprit avec lequel nous répondons aux souffrances des autres », il est en effet « convaincu que la foi a des conséquences sur la personne même qui agit et donc, aussi sur la façon et l’intensité de son action de secours ».

« Aujourd’hui, disait Mgr Cordes, beaucoup sont prêts à aider qui souffre, et nous le constatons avec gratitude et satisfaction. Mais cela pourrait faire penser aux fidèles que la charité n’entre pas de façon essentielle dans la mission de l’Eglise ».

L’exercice de la charité, disait encore Mgr Cordes, fait au contraire « partie intégrante de l’héritage du Sauveur ». Les agences ecclésiales ne peuvent pas s’identifier aux ONG, et il faut par conséquent éviter le risque de la sécularisation dans ce domaine.

Le président de « Cor Unum » s’est attaché aussi à expliquer le passage où Benoît XVI mentionne le marxisme.

« L’époque moderne, écrit le pape, surtout à partir du dix-neuvième siècle, est dominée par différents courants d’une philosophie du progrès, dont la forme la plus radicale est le marxisme. Une partie de la stratégie marxiste est la théorie de l’appauvrissement : celui qui, dans une situation de pouvoir injuste – soutient-elle –, aide l’homme par des initiatives de charité, se met de fait au service de ce système d’injustice, le faisant apparaître supportable, au moins jusqu’à un certain point. Le potentiel révolutionnaire est ainsi freiné et donc le retour vers un monde meilleur est bloqué. Par conséquent, la charité est contestée et attaquée comme système de conservation du statu quo. En réalité, c’est là une philosophie inhumaine ».

« Le document exprime l’idée, expliquait Mgr Cordes, que la foi donne une dynamique singulière à l’engagement pour l’autre. Lorsque, par exemple, je vais tendre la main à mon voisin, uniquement en raison de bons sentiments: que se passe-t-il si mon voisin me rejette, comment résister sans la grâce de Dieu? »

Il soulignait d’ailleurs que Benoît XVI a voulu « éclairer l\'engagement caritatif par son fondement théologique », car il est convaincu que « la foi a des répercussions sur la personne même qui agit et donc par conséquent sur les modalités et l\'intensité de son aide ».

« Par chance, dans nos sociétés, remarquait Mgr Cordes, la mentalité philanthropique est fréquente ». Cependant il faisait observer que « cela peut aussi faire naître le doute chez les fidèles que la charité ne fait pas partie essentielle de la mission ecclésiale ».

« Nous devons aller plus loin, au-delà de la clarification théologique: la sensibilité actuelle de nombreuses personnes, surtout chez les jeunes, comprend également un « kairos » apostolique. Elle ouvre de nombreuses perspectives pastorales. Le nombre des bénévoles est considérable et nombreux sont ceux qui réussissent à découvrir l\'amour de Dieu dans leur don au prochain par un amour désintéressé ».

Enfin, en rappelant que Benoît XVI cite la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, le président de Cor Unum a affirmé que cela confirme la volonté du pape de « lancer par cette encyclique un message de grande actualité ». L’encyclique souligne en effet que « les saints sont les vrais porteurs de lumière dans l’histoire, parce qu’ils sont des hommes et des femmes de foi, d’espérance et d’amour ».