Une "éthique universelle" pour résoudre la crise mondiale

Pour Jeffrey Sachs, pas d'autre solution

Rome, (Zenit.org) Océane Le Gall | 526 clics

Redécouvrir la doctrine sociale de l’Eglise pour construire une éthique universelle, mais en même temps abolir les paradis fiscaux, transformer l’agriculture intensive et les usines polluantes : l’économiste Jeffrey Sachs, directeur du Earth Institute de la Columbia University, pense qu’il n’y a pas d’autres choix que d’aller dans cette direction pour s’éloigner du gouffre de la crise et de la pauvreté.

Et c’est en ce sens qu’il s’est exprimé au cours du congrès « Pauvreté, biens publics et développement durable  – Les défis mondiaux du nouveau millénaire » organisé au Vatican par l’Académie internationale pour le développement économique et social, sous le patronage de l’association Greenaccord Onlus.

Pour l’économiste, pauvreté, exclusions sociales, risques environnementaux et mauvaise gouvernance forment aujourd’hui un tout, et le monde moderne, pour pouvoir se développer durablement, a besoin d’être gouverné selon une éthique universelle qui tienne compte des objectifs  à la fois économiques, sociaux et environnementaux.

« Le développement durable exige de nouvelles stratégies économiques fondées sur des ressources énergétiques plus sûres, de nouvelles techniques agricoles, de nouveaux types de moyens de transport, une nouvelle organisation des villes », explique-t-il au micro de Radio Vatican.

Interrogé sur les liens qui existent entre les changements climatiques et la crise qui afflige tant de régions du monde, Jeffrey Sachs confirme que ces liens existent : « Les changements climatiques, de plus en plus fréquents, les violentes inondations, l’extrême sècheresse, les violents orages, ont rendu la vie économique plus difficile, plus dangereuse et de moins en moins stable ».

Selon lui, il y a urgence : « Il faut réorienter le système économique et faire en sorte qu’il ne nuise davantage à notre planète ». C’est « le plus grand des défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui », affirme-t-il. Et sachant qu’il faut entre 20 ans et 30 ans pour récolter les bénéfices d’un tel changement, l’expert est catégorique : « il faut que ce travail de réorientation commence dès maintenant. »

A l’intention des gouvernements de notre monde qui, déplore-t-il, « n’ont pas encore commencé » ce travail, malgré les conséquences de tous ces changements climatiques, « devenus si rapides et si catastrophiques pour toutes les populations de la terre », Jeffrey Sachs réaffirme que « la première chose à faire est d’affronter le problème en suivant « une éthique universelle » fondée sur la « collaboration et le respect communs » de la création et des forces naturelles de la planète.

Et ce respect qui implique le respect de l’autre, ajoute-t-il, « ne saurait être seulement pour notre prochain aujourd’hui, mais pour les générations futures, afin qu’elles suivent notre exemple ».

Jeffrey Sachs est convaincu que « l’éthique universelle » est la seule voie possible pour « trouver des solutions concrètes », convaincu que « sans la composante morale » il sera très difficile de trouver cette coopération et cet accord dont le monde a besoin aujourd’hui pour réussir à mettre en place des procédés nouveaux comme l’énergie éolienne, solaire, des systèmes de transport adéquats, etc.