Une exposition raconte l’action pastorale des onze derniers papes

A travers les pages de 145 ans de « L’Osservatore Romano »

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ROME, Vendredi 27 octobre 2006 (ZENIT.org) – Le 145ème anniversaire de L’Osservatore Romano a offert l’occasion d’une exposition à Rome, sur l’histoire de l’Italie, du monde et de l’Eglise au cours de cette période et sur l’action pastorale des onze derniers papes (cf. Zenit, 26 octobre).



Le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat du Vatican, a présenté une synthèse de cet itinéraire dans un discours (cf. ci-dessous dans la section « Documents ») prononcé le mardi 24 octobre lors de l’inauguration de l’exposition « L’Osservatore Romano : de Rome au monde 145 ans d’histoire à travers les pages du journal du pape ».

L’initiative permet de re-parcourir « tout le chemin de l’Eglise, qui au cours de cette période a toujours cherché à diffuser l’Evangile et défendre les valeurs de l’homme et le caractère intangible de sa dignité et de ses droits ».

Il informe « en nous faisant nous familiariser avec l’action pastorale de onze pontifes », a constaté le cardinal Bertone rappelant en premier lieu le bienheureux Pie IX, « qui donna son assentiment à la naissance de L’Osservatore Romano ».

Ses pages ont été aussi le reflet du « long et complexe pontificat de Léon XIII, avec les profonds changements sociaux de cette période », de « saint Pie X, le curé du monde, le pape des grandes réformes effectuées au sein de l’Eglise » et de « Benoît XV, celui qui promulgua le plus grand recueil de lois ecclésiastiques, et qui, précisément sur le journal du Vatican, publia une ‘Note aux chefs des peuples belligérants’ pleine d’inquiétude », a-t-il ajouté.

L’histoire du quotidien montre aussi « Pie XI qui condamne les totalitarismes de toutes tendances politiques, comme le fit également son successeur, le serviteur de Dieu Pie XII », a souligné le cardinal Bertone.

« N’oublions pas que précisément pendant la Deuxième Guerre mondiale ‘L’Osservatore Romano’ fut une des rares voix libres (notamment à travers ces célèbres ‘Acta diurna’) et documenta l’importante oeuvre humanitaire promue par Pie XII et le Saint-Siège ! » s’exclama t-il.

Ses pages ont ensuite décrit « le printemps qui a fleuri dans l’Eglise grâce à l’œuvre du bienheureux Jean XXIII et le souffle du Concile Vatican II », un « événement ecclésial exceptionnel » dont « le quotidien du Siège apostolique se fit le fidèle interprète, ainsi que la sage et providentielle action du serviteur de Dieu Paul VI, qui guida l’Eglise au cours de la période conciliaire et pendant les années difficiles de l’après Concile ».

En inaugurant l’exposition, le prélat a voulu aussi rappeler « l’appel puissant et pressant en faveur de la libération d’Aldo Moro », de ce pape.

« Le pape Montini blessé dans son cœur, mais non plié dans la force de la foi indiqua à la nation italienne la voie du pardon, de la réconciliation et du renoncement à toute violence comme unique voie pour la pacification » a-t-il ajouté.

« L’Osservatore Romano » s’est fait aussi « l’interprète du bref pontificat du serviteur de Dieu Jean-Paul Ier et lors des années ‘plus proches de nous’, du dialogue renouvelé du Saint-Siège avec le monde, qui a caractérisé le long pontificat du serviteur de Dieu Jean-Paul II », a poursuivit le prélat.

« Il en a suivi l’actualité quotidienne, les multiples initiatives qu’il prit et les voyages apostoliques, qui ont marqué une nouvelle phase dans l’histoire de la papauté et de l’Eglise », a-t-il souligné.

« Le quotidien du Vatican nous fait enfin parvenir aux événements de notre époque, à travers lesquels l’Eglise avance en étant guidée avec sagesse par Benoît XVI » a dit le cardinal Bertone.

Lié à l’histoire de Rome, le journal continue à se faire l’écho des « chroniques quotidiennes » et des « ferments de chrétienté » de la ville, « berceau de la civilisation occidentale » et « cœur du catholicisme ».

« Il serait intéressant d’analyser la diffusion et l’influence de L’Osservatore Romano dans les régions du monde et dans les milieux sociopolitiques et culturels les plus disparates, ainsi que dans les villages et les familles plus simples et fidèles au pape », a-t-il suggéré.

Organisée au Palazzo Valentini, siège de la Province de Rome, qui a collaboré à l’initiative, l’exposition, gratuite, est ouverte au public du lundi au vendredi de 10.00 à 19.00.

Deux salles et trente panneaux d’expositions proposent un parcours le long des événements fondamentaux de l’Eglise, de l’Italie et du monde entier, depuis le 1er juillet 1861, date de la sortie du premier numéro du quotidien du Saint-Siège – dont l’original est exposé – jusqu’à la publication de la première encyclique de Benoît XVI Deus caritas est.

C’est le Président de la Province de Rome, Enrico Gasbarra, qui a accueilli le cardinal Bertone ainsi que le Professeur Mario Agnes, directeur depuis 22 ans de cet organe officieux du Saint-Siège, né de l’initiative de quelques fidèles laïcs.

Selon Mario Agnes, L’Osservatore Romano est l’unique journal au monde à voir les vicissitudes de l’homme avec des yeux ecclésiaux.

Le cardinal Tauran, archiviste et bibliothécaire de la SER, a évoqué aux micros de Radio Vatican, la contribution offerte par L’Osservatore Romano : « une information neutre, super partes, qui fait réfléchir sur les principes. Informer signifie former ».

De son côté, Marco Impagliazzo, professeur d’histoire contemporaine et organisateur de l’exposition a souligné : « Nous avons essayé d’identifier les points forts de l’histoire de ce journal du pape, même si en réalité il n’est pas le journal officiel du Saint-Siège ».

« L’Osservatore Romano, précisément dans la perspective de l’Eglise catholique, regarde le monde à partir de Rome, et dans ce regard au monde quels sont les faits fondamentaux du XXème siècle ? Ce sont les guerres mondiales et toute l’œuvre des papes pour défendre la cause de la paix » a-t-il expliqué.

Et cela « en partant de Benoît XV, qui a défini la première guerre mondiale ‘une catastrophe inutile’, à Pie XI, qui a demandé à plusieurs reprises que soit évitée une seconde guerre mondiale ; « mais aussi avec les ‘voix de Jean XXIII’, avec son encyclique Pacem in Terris, de Paul VI qui en 1965 lança à la tribune de l’ONU son cri ‘Plus jamais la guerre’. Et jusqu’aux grandes œuvres de Jean-Paul II aussi bien dans la chute du Mur de Berlin, que dans la défense de la paix lors de la guerre des Balkans et après le 11 septembre contre le terrorisme » a-t-il conclu.