"Une génération sans travail est une défaite pour l'humanité"

Le pape rencontre les jeunes du Molise et des Abruzzes

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 534 clics

« Une génération sans travail est une défaite pour la patrie et pour l'humanité », affirme le pape François, invitant à « vaincre » le problème du chômage des jeunes.

Le pape François était en visite pastorale à Campobasso et Isernia, dans le Molise – centre-est de l'Italie – ce samedi 5 juillet 2014.

Au cours d'un emploi du temps chargé, il avait rendez-vous cet après-midi avec les jeunes, au sanctuaire de Castelpetroso où l'on vénère Notre Dame des douleurs, proclamée sainte patronne de la région par Paul VI en 1973. Jean-Paul II avait célébré une messe en ce lieu le 19 mars 1995.

La Vierge Marie y est apparue en 1888 à Fabiana Cicchino et Serafina Valentino : le corps de son Fils mort devant elle, la Vierge était à genoux, le regard tourné vers le ciel et les bras ouverts en signe d'offrande.

Arrivé en hélicoptère aux environs de 15h, le pape François a rencontré plus de 20.000 jeunes des diocèses des Abruzzes et du Molise, sur l'esplanade du sanctuaire. Coiffés de casquettes multicolores, habillés d'un tee-shirt blanc au logo de la rencontre – sur le thème "Dieu ne se lasse jamais de pardonner" – agitant avec enthousiasme des ballons de baudruches au couleurs du Vatican, les jeunes ont accueilli le pape en chantant « Jesus Christ you are my life ».

Le pape a fait son entrée au milieu de la foule, debout dans une voiture découverte, saluant les jeunes en souriant, s'arrêtant pour embrasser et bénir des enfants, attrapant au vol des foulards qui lui étaient lancés.

Après s'être recueilli en privé dans le sanctuaire, tandis que les cloches sonnaient à toute volée, le pape est ressorti en prenant le temps de saluer des enfant et des personnes handicapées, derrière des barrières.

Rejoignant le podium, il a remercié les jeunes pour leur enthousiasme : « L'enthousiasme est contagieux », leur a-t-il dit, précisant le sens grec du mot : « l'enthousiasme, c'est avoir quelque chose de Dieu en soi ».

Il les a invités à ne pas craindre d'« aller de l'avant » car « un jeune ne peut pas rester immobile ». Mais il ne s'agit pas de devenir « des errants » : « la vie n'est pas faite pour tourner en rond mais pour marcher ».

Le pape les a mis en garde contre « la culture du provisoire », qui consiste à « faire des choix tout en en laissant d'autres portes ouvertes » pour changer éventuellement : « cela rend la tête dure et le coeur froid ».

Celui qui ne suit que ses désirs de l'instant vit la vie comme un « labyrinthe » : «  Si vous vivez comme cela, arrêtez-vous. Cherchez le fil pour sortir du labyrinthe », a exhorté le pape : « Il est triste, arrivé à un certain âge, de regarder sa vie et de voir qu'il n'y avait pas de définitif, d'unité... seulement du provisoire ».

L’être humain aspire pourtant à quelque chose de « définitif » : « aimer et être aimé ». En ce sens, la culture du provisoire « n'exalte pas sa liberté, mais le prive de son vrai destin ». « Ne vous laissez pas voler le désir de construire dans votre vie des choses grandes et solides ! », a insisté le pape.

« Le courage et l'espérance sont des qualités de tous, mais surtout des jeunes », a-t-il fait observer. « Ayez le courage de sortir de vous-mêmes et de mettre pleinement votre avenir en jeu avec Jésus », a-t-il poursuivi sous les applaudissements, en assurant : « Jésus n'enlève pas la liberté, au contraire il rend [les hommes] forts dans leur fragilité et leur permet d'être vraiment libres. »

Le pape a conclu en invitant à « vaincre en communauté » le problème du chômage des jeunes : « Que ne se perde pas une génération !... Une génération sans travail, c'est une défaite pour la patrie et pour l'humanité », a-t-il affirmé, plaidant pour « la solidarité ».

Le pape devait ensuite rencontrer les détenus de la prison d'Isernia et des malades dans la cathédrale de la ville. Enfin, il ouvrira l'Année jubilaire consacrée à Célestin V à Isernia, avant de rentrer au Vatican.

Ce matin, le pape a réservé sa première visite au monde du travail, à l'Université du Molise à Campobasso. Puis il a célébré une messe en présence de quelque 80.000 personnes à l'ancien stade Romagnoli de Campobasso.

Après la messe, il a salué un groupe de malades dans la cathédrale de Campobasso, et a déjeuné en compagnie des pauvres assistés par la Caritas locale.