Une guérison, grâce à frère Tommaso, le « petit Padre Pio »

Un capucin italien du XVIe s. bientôt bienheureux

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Anita Bourdin

ROME, vendredi 11 mai 2012 (ZENIT.org) – Valerio Bortolo Valentino, cultivateur de Thienne, dans la province italienne de Vicence, âgé de 32 ans, travaillait au couvent des Capucins lorsqu’il fut atteint, en 1906, d’une forme de typhus gravissime, entraînant des complications pulmonaires. Pour les médecins, il n’y avait plus rien à faire, il était condamné.

Un frère capucin vint à son chevet pour lui conférer le sacrement des malades – et dans ce cas, c’était même l’extrême-onction. Or, il se présenta à l’hôpital avec une image de frère Tommaso Acerbis qu’il plaça sous l’oreiller du moribond et il invita sa famille à prier. Le lendemain matin, 30 janvier 1906, Valerio Bortolo Valentino était complètement guéri.

C’est le miracle retenu pour sa cause de béatification mais aujourd’hui encore, d’autres guérisons étonnantes sont documentées: on l’a surnommé le « petit Padre Pio ».

Dans l’église d’Olera, son village natal, à un peu plus de 500 m d’altitude, sous son portrait, un grand livre est à la disposition des visiteurs pour raconter les grâces reçues. Un futur bienheureux, aimé de Jean XXIII et Paul VI, qui reste très actuel… et pourtant il a vécu au XVIe s.

C’est en 1580, à 17 ans, que frère Tommaso avait décidé de quitter son village natal, pour devenir, à Vérone, un fils de saint François d’Assise chez les Capucins, et sur les routes du nord de l’Italie et du Tyrol. Sa vocation avait mûri alors qu’il gardait les moutons et il était sans instruction : il apprit à lire et à écrire avec ses frères.

Il réussit si bien qu’on lui doit des écrits mystiques recueillis après sa mort, sous le titre « Feu d’amour » (« Fuoco d’amore »), et publiés en 1682. Jean XXIII éprouva une grande joie lorsqu’il en reçut une édition en cadeau, en 1959 : il le lisait fréquemment.

De son vivant, on l’appelait “l’apôtre sans étole”. Sa renommée de charité et de sagesse se répandait partout où il passait. L’archiduc d’Autriche, Léopold V, l’appela au Tyrol en 1619, pour aider les catholiques à ne pas abandonner leur foi. L’empereur Ferdinand II lui-même voulut le rencontrer. Frère Tommaso s’installa ainsi à Innsbruck où il mourut en 1631.

Benoît XVI a autorisé, le 10 mai, la promulgation d’un décret de la Congrégation pour les causes des saints reconnaissant comme miraculeuse la guérison de 1906 (cf. Zenit du 10 mai 2012).

Le site internet officielde la cause de Frère Tommaso indique que la phase préparatoire du procès de béatification a commencé en 1963. Le procès en lui-même a commencé à Bergame et à Innsbruck en 1967, pour se conclure en 1968.

Ses écrits ont été examinés et approuvés en 1974. Toute la documentation recueillie a été transmise à la Congrégation romaine en 1978 : elle a été approuvée en 1979.

La renommée de sainteté du « serviteur de Dieu » a été reconnue en 1980, par la congrégation qui a ensuite « convalidé » les deux procès de Bergame et Innnsbruck, en 1982 tout en faisant des observations auxquelles la postulation a répondu en 1983.

En 1987, la congrégation a reconnu que Frère Tommaso avait vécu les vertus humaines et chrétiennes de façon héroïque, lui accordant le titre de « vénérable ».

Et l’enquête diocésaine sur le miracle a été ouverte à Bergame le 26 octobre 2006 pour se conclure un an plus tard par la remise des documents à la Congrégation romaine.

La guérison extraordinaire a été reconnue comme « inexplicable médicalement » par les médecins – à l’unanimité – le 24 février 2011 et elle a eu l’approbation de la commission théologique le 24 octobre suivant, également à l’unanimité. Même verdict des cardinaux et évêques le 7 février 2012.

Avec le décret approuvé hier par Benoît XVI, on n’attend plus que la date et le lieu de la béatification, décidé par la Congrégation pour les causes des saints.