Une note du Saint-Siège condamne à nouveau tout antisémitisme

A propos de la modification de la prière du missel de Jean XXIII

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ROME, Vendredi 4 avril 2008 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège publie un communiqué pour dissiper tout malentendu dans les relations avec le judaïsme et condamne à nouveau fermement tout antisémitisme.

La note publié aujourd'hui rappelle en effet qu' « après la publication du nouvel ‘Oremus et pro Iudaeis' pour l'édition du Missale Romanum de 1962, des regrets ont été exprimés par différents secteurs du monde juif, considérant que ce texte ne serait pas en harmonie avec les déclarations et les prises de position officielles du Saint-Siège par rapport au peuple juif et à sa foi, qui ont marqué le progrès dans les relations d'amitié entre les juifs et l'Eglise catholique ces quarante dernières années » (cf. notamment Zenit des 2, 4 et 6 février 2008, et 19 et 31 mars 2008, mais aussi par exemple du 18 décembre 2006).

C'est pourquoi la note affirme au contraire que « le Saint-Siège assure que la nouvelle formulation de l'Oremus, avec laquelle ont été modifiées certaines expressions du Missale de 1962, n'a absolument pas eu l'intention de manifester quelque changement que ce soit dans l'attitude que l'Eglise catholique a développée vis-à-vis des juifs, surtout à partir de la doctrine du concile Vatican II, en particulier dans la Déclaration « Nostra Aetate », laquelle, selon les paroles prononcées par le pape Benoît XVI justement lors de l'audience aux rabbins d'Israël le 15 septembre 2005, a marqué « une pierre angulaire sur le chemin de la réconciliation des chrétiens avec le peuple juif ». La permanence de l'attitude présente dans la Déclaration « Nostra Aetate » est mise en évidence, du reste par le fait que l'Oremus pour les juifs contenu dans le Messale Romano de 1970 reste pleinement en vigueur, et que c'est la forme ordinaire de la prière des catholiques ».

Mais d'autres documents du concile renferment le même enseignement, souligne encore la note, qui répète la ferme condamnation de tout antisémitisme. « Le document conciliaire, dans le contexte d'autres affirmations - sur les Saintes Ecritures (Dei Verbum 14) et sur l'Eglise (Lumen gentium 16) -, expose les principes fondamentaux qui ont soutenu et soutiennent aujourd'hui aussi les relations fraternelle d'estime, de dialogue, d'amour, de solidarité, et de collaboration entre catholiques et juifs. C'est justement en scrutant le mystère de l'Eglise que « Nostra Aetate » rappelle le lien tout à fait particulier par lequel le peuple du Nouveau Testament est lié spirituellement à la souche d'Abraham, et repousse toute attitude de mépris et de discrimination envers les juifs, et répudie fermement l'antisémitisme quel qu'il soit ».

« Le Saint-Siège espère que les précisions contenues dans le présent communiqué contribuent à dissiper les malentendus et il répète son ferme désir de voir les progrès accomplis dans la compréhension réciproque et dans l'estime entre juifs et chrétiens au cours de ces années se développer ultérieurement », conclut la note.

Anita S. Bourdin