Une première à Assise : Des non-croyants ont été invités

Pour la France, présence de la psychanalyste Julia Kristeva

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ROME, jeudi 20 octobre 2011 (ZENIT.org) – Pour la première fois, des non-croyants ont été invités à laJournée de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde qui se déroulera le 27 octobre prochain à Assise sur le thème : « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ».

Un « choix innovant » de la part de Benoît XVI, a expliquéMgr Melchor José Sanchez de Toca y Alameda, sous-secrétaire du Conseil pontifical de la culture, lors de la conférence de presse de présentation de la journée au Vatican.

Quatre personnalités du monde occidental, « où la non-croyance représente un phénomène important », ont répondu à l’invitation : Julia Kristeva (France), Remo Bodei (Italie), Guillermo Hurtado (Mexique) et Walter Baier (Autriche).

Dans son intervention, MgrSanchez de Toca y Alameda a expliqué que le pape avait confié au Conseil pontifical de la culture le soin de transmettre son invitation à certaines personnes pour représenter le monde de la non-croyance.

Dans le communiqué diffusé par la salle de presse le 2 avril 2011, sur la rencontre d’Assise, on pouvait lire : « Seront invités à partager le chemin des représentants des communautés chrétiennes et des principales traditions religieuses (...) certaines personnalités du monde de la culture et de la science qui, sans faire profession de religion, se sentent sur la voie de la recherche de la vérité et perçoivent la commune responsabilité pour la cause de la justice et de la paix dans notre monde ».

« Si le choix du pape représente une nouveauté pour ce genre de rendez-vous, l’attention aux non-croyants qui en est à la base se pose en continuité avec sa pensée », a encore expliqué le sous-secrétaire du dicastère de la culture. « A l’origine de ce choix innovant du pape Benoît XVI, il y a la conviction que l’homme, croyant ou non-croyant, est toujours à la recherche de Dieu et de l’Absolu. Il est donc toujours un pèlerin à la recherche, en chemin vers la plénitude de la vérité ».

« La conscience d’être des pèlerins à la recherche de la vérité consent à un dialogue franc et sincère entre croyants et non-croyants », a-t-il poursuivi en citant encore une fois le communiqué : « Dans la mesure où le pèlerinage de la vérité est vécu de façon authentique, il ouvre au dialogue avec l’autre, sans exclure personne et il engage chacun à être constructeur de fraternité et paix ».

Concernant les invités du Conseil pontifical de la culture, le prélat a souhaité rappeler qu’il ne s’agit pas d’une délégation, contrairement aux autres invités. « Ils proviennent du monde occidental (Europe et Amérique) où la non-croyance représente un phénomène important, alors que sur d’autres continents comme l’Asie ou l’Afrique, il est relativement marginal ».

Les invités qui ont accepté de participer à la Journée d’Assise sont les suivants :

Julia Kristeva, née en Bulgarie (1941), vit en France depuis 1966. Linguiste, psychanalyste, philosophe et écrivain français. Elle a collaboré avecMichel Foucault, Roland Barthes, Jacques Derrida et Philippe Sollers dont elle est l’épouse. Elle est l’auteur d’une trentaine de livres.

Remo Bodei (1938) est professeur d’histoire de la philosophie à l’université de Pise, après avoir été longtemps à l’Ecole normale supérieure de cette ville. Il a étudié et enseigné dans diverses universités et institutions culturelles européennes et américaines. Depuis 1992, il est Recurrent Visiting Professor à l’University of California, Los Angeles.

Guillermo Hurtado (1962) est un philosophe mexicain. Après avoir étudié la philosophie à la faculté de lettres et de philosophie de l’université de México-UNAM. Il a poursuivi ses études à l’université d’Oxford, comme élève du Magdalen College. En janvier 1991, il est entré à l’Instituto de Investigaciones Filosóficas dell’Università de México UNAM.

Walter Baier (1954) quant à lui est un économiste autrichien. Il est coordinateur du réseau « Transform ! », un forum de recherche européen qui regroupe des revues et des « think tanks » de gauche. Il est membre du parti communiste autrichien.

Marine Soreau