Une première entre le pape et les communautés juives d'Amérique latine

Benoît XVI souhaite "des liens toujours plus forts d'amitié et de coopération"

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Anne Kurian

ROME, jeudi 10 mai 2012 (ZENIT.org) – Pour la première fois, des représentants des communautés juives d’Amérique latine ont rencontré Benoît XVI au Vatican, aujourd’hui, 10 mai 2012.

Une délégation du Congrès juif latino-américain (Latin American Jewish Congress) a été reçue ce matin par Benoît XVI à 11h45, au palais apostolique du Vatican. Dans son discours, en espagnol, le pape a souligné l’importance de cette rencontre « particulièrement significative » : « Chers amis, leur a-t-il dit, vous êtes les premiers représentants des communautés juives d’Amérique Latine que je rencontre ici au Vatican ».

Le pape a confié son « espérance » que cette rencontre soit une « source d’encouragement et d’espérance renouvelée » dans la construction de « liens toujours plus forts d’amitié et de coopération » entre les deux religions, et pour « témoigner de la puissance de la vérité, de la justice et de l’amour de Dieu, pour le bien-être de l’humanité ».

Ces dernières années, grâce à « la confiance, au respect et à la bonne volonté », les juifs et les chrétiens sont devenus des « partenaires fiables », et même de « bons amis », a-t-il affirmé, capables « d’affronter les crises ensemble et de surmonter les conflits de façon positive ».

A travers toute l’Amérique latine, a-t-il constaté en ce sens, il existe des « communautés juives très vivantes », qui « vivent côte à côte avec une grande majorité de catholiques », et les deux communautés ne cessent d'approfondir leur « amitié réciproque ».

Pour Benoît XVI, « un dialogue sincère et respectueux entre les religions et cultures est crucial pour le l’avenir de la famille humaine ».

En Amérique latine, comme dans le monde, a-t-il rappelé par ailleurs, les relations entre juifs et catholiques ont été « renforcées » depuis le Concile Vatican II : la déclaration Nostra Aetate (1965), reste « le guide » pour « promouvoir une meilleure compréhension, respect et coopération entre les deux communautés », a-t-il ajouté.

La déclaration, sur les relations de l'Eglise avec les religions non-chrétiennes, n’a pas seulement « levé une position ambiguë contre toute forme d’antisémitisme », a précisé le pape, elle a aussi « préparé le terrain pour un réexamen théologique de la relation de l’Eglise avec le Judaïsme » et elle a exprimé « l’assurance qu'une nouvelle appréciation de l’héritage spirituel commun aux juifs et aux chrétiens conduirait à une meilleure compréhension et estime mutuelle ».

S'il reste « beaucoup à faire pour dépasser le poids du passé », et « faire face aux défis que les croyants rencontrent dans le monde actuel », Benoît XVI exprime cepandant son « action de grâce » pour « la voie du dialogue, de la réconciliation et de la coopération » empruntée, qui est un « signe évident de la bonté et la providence » de Dieu.