Une présence de Dieu dans les camps d'extermination

Le pape écrit au fils de deux rescapés d'Auschwitz

Rome, (Zenit.org) Salvatore Cernuzio | 594 clics

La présence de Dieu durant la Shoah « était une présence cachée, comme celle de la ‘brise légère’ dont parle la Bible en racontant la rencontre avec le prophète Elie sur le mont Horeb (I Rois 19, 9-13) ».  C’est ce que le pape aurait écrit dans un message au fils de deux rescapés de la Shoah, rapporte le Washington Post, sur son blog On Faith, consacré aux sujets religieux.

Le pape François aurait répondu au courriel d’un juriste américain, Menachem Rosensaft, fondateur d’une association d’enfants de parents ayant survécu à la Shoah.

Menachem Rosensaft proposait au pape sa « théorie » sur l’attitude de Dieu  à l’égard de la grande tragédie du peuple juif, dans un discours tenu à la synagogue de Park Avenue a New York, le 7 septembre dernier : pour le juriste, Dieu était présent dans les camps d’extermination et les gestes d’humanité de ceux qui, au milieu de mille difficultés, ont eu la vie sauve, en sont une manifestation.

Menachem Rosensaft citait l’exemple de sa mère qui avait perdu son mari et son fils de cinq ans au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, mais qui, après son transfert à Bergen-Belsen, avait trouvé la force de s’occuper d’un groupe d’orphelins, réussissant à sauver 149 enfants juifs.

Le pape répond : « Quand, avec humilité, vous expliquez où était Dieu à ce moment là, je sens en moi que vous êtes allé au-delà de toutes les explications possibles et qu’après un long pèlerinage – parfois triste, lourd ou ténébreux – vous êtes arrivé à une certaine logique ».

Cette logique c’est celle de cette « brise légère », explique le pape, qui précise : « je sais bien que cette traduction est beaucoup plus pauvre que l’expression juive, beaucoup plus riche ». Cette logique, « constitue la seule interprétation herméneutique possible ».

Il conclut donc : « Merci du plus profond de mon cœur et je vous prie de ne pas m’oublier dans vos prières. Que le Seigneur vous bénisse ».

Des sources vaticanes ont confirmé l'échange de courriels. Menachem Rosensaft, pour sa part, a déclaré au quotidien américain que les paroles du Successeur de Pierre sont « un très grand don spirituel », pour quiconque a survécu non seulement à la période sombre de la Shoah, mais à tout autre acte de violence.

Il a donc souhaité que, dans la ligne tracée par le pape François, puisse se réaliser une plus profonde « intégration de la mémoire de l’holocauste, non seulement dans la pensée théologique juive mais aussi dans l’enseignement catholique ». 

Traduction d’Océane Le Gall