Une ville en fête pour le premier pape à porter le nom de François

Cent mille visiteurs, 1.000 journalistes accrédités

Assise, (Zenit.org) Rocio Lancho Garcia | 783 clics

Le pape François est le 19ème pape à visiter Assise, ville natale du Poverello, patron d’Italie. Mais ce sera la première fois dans l’histoire que celui qui se rend dans sa ville s’est donné son nom, un détail qui donne à cette visite une portée historique.

Quelques heures avant l’arrivée du pape, on respire à Assise un air de fête, rythmé par les derniers préparatifs et par l’accueil de nombreux pèlerins, arrivés dans la ville. Dans les rues,  s’agitent les drapeaux jaune et blanc du Vatican et bleu et blanc de l’Argentine, et sur les balcons des maisons sont  placés les étendards du pape, des banderoles et des compositions florales.

Tout le monde attend le pape latino-américain. A chaque heure qui passe, les cars de pèlerins, venus de tous les coins d’Italie et de l’étranger, se font plus nombreux dans les parkings, leurs occupants prêts à vivre la double fête de la rencontre entre les deux François et la solennité du saint Poverello. Au total, ce sont environ 100.000 fidèles qui sont attendus, selon les estimations du bureau de presse du Saint couvent d’Assise.

Sur les vitrines des magasins et des restaurants sont accrochés des photos de Jorge Mario Bergoglio et d’énormes affiches avec écrit dessus « Bienvenue pape François ». Certains récitent même « Von retour François », comme pour dire que 800 ans après, François revient enfin chez lui. En attendant, on a perdu le compte des intentions de prière et des commentaires envoyés au site www.sanfrancescopatronoditalia.it, qui seront ensuite déposés sur la tombe du Séraphin. « Nous avons surement dépassé les 100.000 au cours de la dernière semaine », a déclaré à ZENIT le père Enzo Fortunato, directeur du Bureau de presse du Saint Couvent  et de la revue « Saint François ».

« L’attente grandit – ajoute le père Mauro Gambetti, gardien du saint couvent – une attente émue, que l’on perçoit dans les coups de téléphones qui arrivent à la Communauté ou à la rédaction, et dans les lettres pleines d’émotion et d’espérance de personnes qui ont trouvé chez le pape François un confident  à la fois ‘grand’ et proche ». « Le pape nous a étonnés plusieurs fois, avec ses gestes d’une grande simplicité et affection – confie le franciscain -  dans cette fervente attente, les médias sont impliqués au maximum ».

L’événement sera en effet suivi par plus de 1.000 journalistes accrédités près le Saint-Siège. Un nombre significatif si l’on considère qu’à la Journée mondiale des Jeunes de Rio de Janeiro ils étaient environ 5.500.

Dans la communauté franciscaine aussi la joie de l’arrivée imminente du pape grandit, rapporte le père Fortunato: « Notre préparation consiste à prier et à demander au Seigneur d’accueillir docilement les paroles du pape », dit-il en ajoutant. «  Il y a un enthousiasme humain lié à la préparation  des décors, de l’accueil des pèlerins et ainsi de suite, et pour en faire en sorte que cette rencontre laisse non seulement un signe dans l’histoire mais également dans le cœur de chacun de nous ».

En ville, deux podiums ont été dressés : un sur la place juste en face de la basilique inférieure de Saint François, où le pape célèbrera la messe de 11h00, à l’ombre d’une grande reproduction en bois du crucifix de saint Damien. L’autre sur la grande place devant la Basilique Sainte-Marie-des-Anges, où le successeur de Pierre rencontrera 12.000 jeunes.

Mais la journée de vendredi sera ponctuée d’autres rendez-vous : le pape assurera en tout 11 rencontres en moins de douze heures, dont deux voulues très fortement par le pape en personne: la visite à l’Institut Séraphique, où il rendra visite à des enfants porteurs d’un handicap, et au Centre d’accueil de la Caritas diocésaine, où il aura l’occasion de saluer les nombreux pauvres qui y sont assistés et avec lesquels est prévu un déjeuner à 13h00.

Il est intéressant enfin d’observer les divers pèlerins « réserver » en ces instants une place stratégique pour avoir la possibilité de saluer ou moins voir de près le pape. Comme ce couple qui a demandé à un policier où il pourrait passer la nuit pour avoir une « bonne vue » sur l’événement le lendemain matin. Pour tous ceux qui ne trouveront pas de place, même  tout près des barrières placées de chaque côté des rues où passera le pape, neuf écrans géants ont été placés en divers points de la ville. En somme, Assise, une petite ville de 28.147 habitants, concentrés sur une surface d’à peine 200 km², sera ce vendredi théâtre d’un événement qui sera surement raconté dans les livres d’histoire.

Traduction d'Océane Le Gall