"Une vraie communauté de travail, au service du pape"

Par le card. Sodano

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Anne Kurian

ROME, vendredi 8 juin 2012 (ZENIT.org) – « La diversité d’opinion n’est pas la division », rappelle le cardinal Sodano, affirmant qu’au Vatican il existe « un engagement à construire une vraie communauté de travail, au service du pape ».

Le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice, au service du Saint-Siège depuis plus de 50 ans, dont 16 ans comme Secrétaire d’Etat, prend position sur l’affaire des documents réservés, en cours au Vatican, dans un entretien paru à la une de L’Osservatore Romano en italien du 7 juin 2012.

Le cardinal y met en lumière « l’unité fondamentale » des quelque 5.000 personnes qui travaillent au Vatican, avec « un commun esprit de service à l’Eglise ».

Les cardinaux, affirme-t-il, cherchent à constituer un « cénacle apostolique » autour du pape, et dans les difficultés, tous sont « encouragés » par « la grande bonté » et les « sages directives » de Benoît XVI.

Diversité n’est pas division

Le cardinal avoue avoir été « surpris » par les insinuations de « manœuvres variées » parues dans la presse, car, dit-il « diversité d’opinion ne signifie pas division ».

« Combien de fois, ajoute-t-il, ai-je voté en réunion de cardinaux, sans jamais m’étonner qu’un confrère vote pour et l’autre contre. Amis nous étions et amis nous restions. » C’est d’ailleurs « à la lumière des votes variés », que le pape peut « décider librement, avec tous les éléments de jugement qui lui ont été offerts ».

Aujourd’hui, précise le cardinal, les cardinaux sont 209 et les responsables de dicastères de la Curie sont 75 : il est donc « bien compréhensible que parmi les nationalités diverses, de culture, de sensibilité sociale, existent des jugements différents sur des méthodes de travail variées. »

Même Paul et Barnabé, rappelle-t-il, aux débuts de l’Eglise, se sont séparés (Ac 15, 39) et durant les siècles, « les ordres religieux les plus divers sont nés de l’Eglise » : « Entre leurs méthodes apostoliques il apparait quelquefois des antinomies, poursuit-il, mais tout est ressaisi dans l’unité fondamentale du même esprit de service à l’Eglise du Christ. »

En ce sens, le cardinal estime que si la presse a « la mission d’informer l’opinion publique sur le Saint-Siège », cependant elle ne doit pas passer « de l’information à la désinformation ».

Il met ainsi en garde contre la tentation d’une optique biaisée sur les évènements négatifs actuels, optique qui peut « ternir la beauté de l’ensemble ».

Grande bonté de Benoît XVI

« Nous tous cardinaux de Curie, affirme-t-il, nous cherchons à constituer un «cénacle apostolique» réuni autour du successeur de Pierre, sans s’étonner des difficultés du moment. »

« En ceci, confie-t-il, nous sommes encouragés chaque jour par la grande bonté de Benoît XVI et par ses sages directives, heureux de pouvoir lui apporter notre service. »

Si « chacun a sa personnalité et chacun trouve des problèmes différents, selon l’époque », le cardinal Sodano se dit « heureux » de collaborer avec son successeur, le cardinal Tarcisio Bertone, auquel il est « lié par une vieille familiarité » et un « commun esprit de service au pontife romain ».

Que ce soit dans la Curie romaine – l’ensemble des dicastères et organismes qui assistent le pape, 2.843 personnes, surtout des prêtres – ou au gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican – 2.001 personnes en majorité des laïcs – le cardinal assure qu’en général « il y a un engagement à construire une vraie communauté de travail, au service du pape ».

« Ces hommes et femmes de nationalités très diverses, précise-t-il, connaissent bien l’importance de leur travail pour le successeur de Pierre, pasteur de l’Eglise universelle. »

Evidemment, souligne-t-il « dans une communauté si nombreuse, il arrive que quelqu’un manque à ses devoirs » : « Seuls les anges et les saints du paradis sont impeccables! », fait-il observer.

Pourtant, conclut-il, la stabilité de l’Eglise peut être symbolisée par la coupole de la basilique Saint-Pierre, qui semble dire : « J’ai vu d’autres vents, j’ai vu d’autres tempêtes ». Pour le cardinal, « c'est la sérénité que l’histoire, maîtresse de vie, enseigne ».