Unité des chrétiens : La prière peut faire tomber les murs

Entretien avec le card. Koch

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ROME, mardi 10 janvier 2012 (ZENIT.org) – Face aux défis actuels du dialogue œcuménique, le cardinal Kurt Koch garde l’espérance en la prière, qui peut faire « tomber les murs ».

Au moment où les chrétiens se préparent à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier), le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, fait le point sur les développements récents de l’œcuménisme, au micro de Radio Vatican.

Les textes pour chaque jour la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens et pour toute l’année 2012 ont pour thème : « Tous, nous serons transformés par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ »
(cf. 1 Co 15, 51-58). Ils ont été préparés et publiés conjointement par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Églises.

La célébration œcuménique vient, quant à elle, de Pologne où un groupe œcuménique a rédigé une liturgie à partir de l’expérience des chrétiens polonais qui ont connu aussi bien des périodes de joie que des moments d’adversité.

Le cardinal Koch souligne l’importance de la prière comme moteur de l’oecuménisme.

Le cardinal Kasper estime qu’on ne peut actuellement qu’avancer à petits pas vers l’unité, mais qu’un jour, les murs entre les Eglises tomberont comme le Mur de Berlin, par surprise. Qu’en pensez-vous ?

Je ne peux pas l’affirmer; on peut seulement l’espérer. Du reste, personne n’avait vraiment prévu la chute du Mur de Berlin: c’est arrivé tout simplement ou – comme il faut le dire honnêtement – cela a été obtenu par la prière, il y a eu tant de prières… En réalité, à Berlin, il y a eu une “révolution des cierges”. Je crois que si nous approfondissons l’œcuménisme spirituel, il pourrait y avoir des miracles.

Quels sont les défis de l’œcuménisme aujourd’hui ?

Dans les dernières années et décennies, il y a eu divers changements.
De nombreuses Eglises ont entamé une réflexion sur leur identité confessionnelle et ceci peut représenter un grand avantage, car pour conduire le dialogue il faut avoir conscience d’une identité claire.
Un second défi consiste dans le fait que nous avons différents concepts de l’“unité” et cela rend la tâche difficile.
Un autre défi est soulevé par la forte croissance des mouvements pentecôtistes, qui représentent une nouvelle réalité dans le monde entier. Ils constituent désormais le second mouvement, en ordre de grandeur, après l’Eglise catholique. On pourrait presque parler d’une “pentecostalisation” de l’œcuménisme…
Un quatrième changement est dû à des questions éthiques controversées entre les Eglises, ce qu’on appelle la question anthropologique : aujourd’hui nous nous trouvons face au défi de développer une anthropologie œcuménique, une nouvelle doctrine sur l’homme.

Quels effets la crise de l’euro peut-elle avoir sur l’œcuménisme ? Pourraient-ils être négatifs ?

Cela pourrait bien arriver, parce que des problèmes communs peuvent aussi créer des difficultés communes. Mais je la considère plutôt comme un défi à être unis et à chercher des voies communes, même dans le domaine éthique et social, où on note, en ce moment justement, des initiatives prometteuses avec les Eglises orthodoxes.

Le succès de l’œcuménisme peut représenter aussi un signe pour les athées, montrant combien l’Eglise peut être forte lorsqu’elle est unie, à la lumière de la nouvelle évangélisation?

La nouvelle évangélisation a nécessairement une dimension œcuménique. Ceci, le pape l’a clairement exprimé à l’occasion de la fondation du nouveau dicastère (ndlr : le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, créé le 21 septembre 2010). Je suis convaincu que plus nous donnons un témoignage commun dans notre société, plus nous encourageons la réflexion des personnes.

Traduit de l’Italien par Anne Kurian