Université européenne de Rome: pour dépasser les préjugés

"Tu n'es pas un ennemi"

Rome, (Zenit.org) Rédaction | 801 clics

Sensibiliser les jeunes à une nouvelle forme de communication pour ne plus voir dans l’autre un ennemi : tel était l’objectif de la première rencontre de l’Atelier de communication « Tu n’es pas un ennemi », animé par le journaliste italien Carlo Climati, mardi 15 octobre 2013, à l’Université européenne de Rome.

Par cette initiative, les étudiants sont encouragés à avoir un autre regard sur les autres, à inventer des langages qui puissent constituer des ponts entre eux et briser les barrières, obstacles, suspicions et méfiances, qui sont des sources de divisions.

« Nous sommes à l’époque des grandes communications », a expliqué Carlo Climati, en ouvrant les travaux de l’atelier. « Un clic suffit pour entrer facilement en contact avec Paris, Londres et New York. Tout paraît plus facile. Mais quand nous communiquons nous devrions nous demander: comment est-ce que je communique ? Qu’est ce que je communique ? Quelle est la qualité de ma communication ? ».

« Les tons du langage utilisé aujourd’hui pour communiquer sont trop souvent exaspérés et agressifs », a-t-il fait observer, déplorant « une approche trop émotive à l’égard de l’autre, qui empêche le dialogue et ne laisse pas d’espace à la réflexion. C’est pourquoi il est utile d’avoir toujours bien en tête que l’autre n’est pas un ennemi, même si ses opinions sont différentes des nôtres ».

Dans tout type de communication, le premier pas à faire est d’« accueillir », c’est-à-dire rechercher les aspects positifs qui peuvent favoriser la naissance d’une amitié : « J’existe, tu existes. Essayons de trouver avant tout, ce terrain commun de valeurs qui est inscrit dans le cœur de chaque être humain », conseille-t-il.

Carlo Climati s’est inspiré de la chanson « Sounds of silence » de Simon and Garfunkel pour parler du problème de l’incommunicabilité : « la première règle pour bien communiquer n’est pas de parler, mais d’écouter. Cette chanson très belle et prophétique parle de ‘personnes qui entendent sans écouter’. Ceci est l’un des pires risques de la société aujourd’hui, où la communication n’est qu’apparence. Nous sommes parfois  enfermés dans l’indifférence et ne sommes pas disposés à nous ouvrir à une écoute authentique de l’autre ».

« L’un des grands maux de la société moderne, a souligné Carlo Climati, est surement le préjugé. C’est à dire : un jugement qui est donné avant de se connaître, de se prendre dans les bras, de se regarder dans les yeux et de se serrer la main ».

« Du préjugé on passe facilement à la sentence de mort », a-t-il poursuivi : « Nous tuons littéralement l’autre, en le laissant mourir à l’intérieur de nous. Cela arrive quand nous jugeons déjà qu’il est notre ennemi et coupable, uniquement parce qu’il a des opinions différentes ou provient d’une autre culture, religion ou nationalité. Nous le refusons et n’acceptons pas la possibilité du dialogue ».

Pour le journaliste, « l’effort à faire est celui de sortir de la coquille de son petit monde et de chercher une vraie culture de la rencontre ».

Carlo Climati a cité un morceau de la chanson « Sound of silence » qui dit « prenez mes bras, afin que je puisse vous rejoindre » : « cette jolie métaphore, a-t-il estimé, décrit le profond besoin de communiquer. Un besoin qui est présent dans l’être humain dès sa petite enfance, quand il commence à prononcer ses premières syllabes dans les bras de sa mère. Nous sommes nés pour communiquer et c’est précisément dans la communication la plus vraie et sincère que l’on pourrait trouver une solution à tant de problèmes du monde ».

L’Atelier « Tu n’es pas un ennemi ! », théorique et pratique, explorera les différentes formes de communication actuelles : du journalisme aux réseaux sociaux, de la musique à la radio, de la télévision au dialogue dans la vie quotidienne.

Cette initiative entre dans le cadre des activités de responsabilité sociale proposées aux étudiants de l’université européenne de Rome dont la formation de la personne est l’un des principaux objectifs.

Traduction d’Océane Le Gall