USA : Les évêques interviennent dans le débat sur la réforme de la santé

Ils souhaitent le retrait du texte final de toutes les mesures contraires à la vie

| 1647 clics


ROME, Mardi 2 février 2010 (ZENIT.org) - Les évêques des Etats-Unis appellent les législateurs à faire avancer le débat sur la réforme de la santé malgré les changements politiques qui ont suspendu le projet de loi. 

Dans une lettre envoyée mardi dernier, la conférence épiscopale demande aux membres du Congrès de « s'engager à approuver une vraie réforme de la santé qui défende la vie, la dignité, la conscience et la santé de tous ». 

Après que la chambre des représentants, à majorité démocrate, ait approuvé le projet de loi, le 7 novembre, et le sénat, lui aussi à majorité démocratique, ait approuvé sa proposition de réforme le 24 décembre, il a été décidé que les projets de loi devaient être conclus et votés à court terme.

L'élection du sénateur du Massachusetts, la semaine dernière, a déçu la majorité démocratique, donnant aux républicains les voix suffisantes pour bloquer la législation et donc changer le climat  qui prévalait lorsque le projet de loi est passé. 

Nancy Pelosi, porte-parole de la chambre, a déclaré que les législateurs sont déterminés à faire passer le projet de loi malgré la défaite. Quoiqu'il en soit, ils doivent affronter le défi d'écrire un texte de réforme commun qui soit accepté aussi bien par les démocrates que par les républicains. 

La conférence épiscopale a envoyé sa lettre pour encourager les membres du congrès à mettre de côté les questions politiques pour se concentrer à nouveau sur la promotion d'une réforme de l'assistance sanitaire. 

La lettre porte les signatures du cardinal Daniel DiNardo de Galveston-Houston, Texas, président du Comité pour les activités Pro-vie ; de Mgr William Murphy de Rockville Centre, New York, président du Comité pour la justice intérieure et le développement humain ; de Mgr John Wester de Salt Lake City, Utah, président du Comité pour les migrations. 

Le débat sur la santé, avec tous ses conflits politiques et idéologiques, « semble avoir perdu son centre moral et sa priorité qui revient à garantir à tous une assistance accessible et de qualité », soulignent les prélats. 

« Ce n'est pas le moment d'abandonner », ajoutent-ils, « mais, au contraire, de mettre de côté les divisions de parti et les pressions d'intérêt pour chercher les moyens favorisant une réforme authentique ». 

« Même si les contextes politiques ont changé, l'échec moral et politique qui laisse des dizaines de millions de nos frères et de nos sœurs sans accès à l'assistance sanitaire est toujours là », déplorent-ils. 

« Nous devons tous continuer à travailler pour aboutir à une solution qui défende la vie de chacun et respecte sa dignité ». 

Les évêques américains reconnaissent « le grand progrès » accompli par les projets de loi passés aussi bien devant la chambre que devant le sénat pour étendre la couverture sanitaire, mais font également remarquer que ces projets « laisseraient toujours entre 18 et 23 millions de personnes du pays sans couverture sociale ». 

Vie et conscience

La conférence épiscopale fait part de sa déconvenue quant au fait que le projet de loi du sénat « ne soit pas conforme », à ses « critères moraux relatifs à la vie et à la conscience ». 

« Il viole en particulier la longue politique fédérale qui consistait à ne pas utiliser de fonds fédéraux pour les avortements volontaires et les plans sanitaires incluant des avortements de ce type », déclarent les membres de la conférence. 

« Nous pensons qu'une loi non conforme à cette politique et à ses précédentes n'est pas une vraie réforme de l'assistance de santé et que l'on doit s'y opposer jusqu'à ce que l'on trouve une solution à ce problème fondamental », affirment les évêques. 

A leur avis, les deux projets de loi « représentent une menace pour la conscience qui ne se limite pas à l'avortement ». 

« Cette menace doit être conjurée avant que ne passe un texte final », déclarent-ils, soulignant qu' « il est crucial » que le texte final maintienne « la liberté de conscience » jusqu'ici garantie par la législation fédérale. 

« Une protection de ce type n'amenderait pas d'autres lois fédérales et ne toucherait en rien les lois civiles ou locales, mais éviterait uniquement que la nouvelle loi impose de nouveaux fardeaux aux consciences ». 

Les évêques ont enfin réaffirmé leur engagement « à tout faire pour promouvoir une réforme de la santé authentique qui garantisse l'accès, maintienne les interdictions sur le financement de l'avortement, soutienne les droits de conscience et affronte les besoins sanitaires des immigrés ». 

« Ce ne sont pas des questions marginales, mais des éléments fondamentaux pour une vraie réforme », concluent-ils.