Utérus artificiel: la "déshumanisation" de la procréation humaine

Une expérience paradoxale

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CITE DU VATICAN, Mardi 12 février 2002 (ZENIT.org) - La réalisation, aux Etats-Unis, d´un utérus artificiel est un nouveau pas dans la "déshumanisation" de la procréation humaine et la loi doit intervenir, demande Mgr Sgreccia. Mais il souligne en même temps que l´expérience met paradoxalement en évidence que "l´embryon humain a sa propre capacité de développement autonome" et donc la nécessité de le défendre dès sa conception.



Les chercheurs américains qui ont mené cette expérience ont déclaré avoir réussi à "fixer" ("enraciner") l´embryon mais qu´ils avaient ensuite interrompu l´essai. Mgr Elio Sgreccia, vice-président de l´Académie pontificale pour la Vie, commente l´événement au micro de radio Vatican:

- C´est un acte qui viole non seulement les normes de la bioéthique, mais qui ne prend pas du tout en considération la relation psychologique qui s´instaure entre la mère et l´enfant pendant le temps de la grossesse. Par cette nouvelle expérience, nous sommes toujours sur le chemin de la déshumanisation de la procréation humaine qui a lieu non seulement en dehors de l´amour du père et de la mère, mais aussi en dehors du corps de la femme. Il s´agit d´un processus purement technique mais fait au détriment d´une créature humaine. Maintenant, on n´a pas besoin de faire tant d´efforts pour comprendre que cet artifice de laboratoire doit être condamné aussi par la loi. Je ne sais pas désormais comment on pourra soutenir que l´embryon humain n´a pas son individualité, sa propre capacité de développement autonome étant donné qu´il peut se développer en dehors du corps de la mère. Il faudra réfléchir à nouveau à l´autonomie biologique et humaine de l´embryon pour demander la protection de la créature humaine dès son commencement. Donc, une situation paradoxale s´est créée: d´une part, on met en évidence la vraie nature de l´embryon humain, son individualité humaine, sa capacité de se développer de façon autonome dès le moment de la fécondation, et d´autre part, l´usage que l´on en fait de façon tout à fait inhumaine et uniquement en fonction de la technologie.

- En outre on néglige la relation de la mère et de l´enfant...

- Justement, celui qui doit se développer est soustrait à la plénitude de la communion avec la mère et si ce que les psychologues ont toujours dit est vrai, comme je le crois, à savoir que l´état émotif, l´inconscient se développe surtout dans la phase prénatale, dans le sein de la mère et dans l´échange avec elle, alors dans ce cas, la déshumanisation devient paradoxale et grave.

- Certains chercheurs qui s´étaient en d´autres occasions déclarés favorables aux manipulations, cette fois se montrent contraires à l´utérus artificiel?

- Certainement, et je veux espérer que ces exagérations feront réfléchir à nouveau toute la communauté scientifique sur toute la matière et que dans certaines nations - qui n´ont pas encore de loi au sujet de la procréation artificielle - on retrouve le sens humain, plein, de l´origine de la vie humaine qui doit être le fruit de l´amour du père et de la mère et du moment sacré et sacrosaint où commence la relation de paternité et de maternité.

- Est-il encore possible de faire un pas en arrière et consacrer des énergies et des fonds à cette recherche qui respecte l´être humain?

- Certainement. Ce que nous attendons et ce que nous efforçons de faire comprendre aux chercheurs c´est que la voie est autre: voir quelles sont les causes de la stérilité, guérir le corps de l´homme et de la femme, afin qu´ils retrouvent la capacité naturelle de procréer pour pouvoir par conséquent donner la vie de la façon la plus humaine et la plus naturelle. Dans ce domaine on dépense peu et on fait peu. Probablement, les fonds sont plus facilement accordés pour explorer ce type de situations plutôt que de reconduire la recherche là où elle est appelée à redonner à la personne humaine sa fertilité naturelle. Dans ce domaine la raison humaine suffit à faire comprendre que nous nous éloignons des vrais buts de la recherche.