« Vatileaks » : le P. Lombardi explique la sentence

Une condamnation « sans surprise »

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Luca Marcolivio

Traduction d’Anne Kurian

ROME, mercredi 24 octobre 2012 (ZENIT.org) – Le Tribunal de l’Etat de la cité du Vatican a rendu public hier, 23 octobre 2012, le texte de la sentence prononcée contre Paolo Gabriele. 

Ce procès, conclu le 6 octobre dernier, a eu lieu dans le cadre de l’affaire « Vatileaks », de fuites de documents réservés. Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, est revenu sur cette sentence au cours d’une conférence de presse.

Il s’agit d’une sentence “sans surprise”, a-t-il commenté, en cohérence avec l’enquête qui a porté à l’arrestation de l’ex-majordome de Benoît XVI pour vol aggravé de documents relatifs à l’activité du pape et de la Curie romaine.

La conduite de Paolo Gabriele “porte atteinte, selon le système juridique du Vatican, à la personne du pontife, aux droits du Saint-Siège, à toute l’Eglise catholique et à l’Etat de la Cité du Vatican”, peut-on lire dans la sentence.

Pour rappel, la condamnation de Paolo Gabriele à trois ans de réclusion pour vol aggravé a été réduite à un an et demi, suite aux circonstances atténuantes soulignées par le Promoteur de justice (cf. Zenit du 7 octobre 2012). L’accusé doit également régler les frais de procédure, qui s’élèvent à environ 1.000 euros.

Les circonstances atténuantes, a précisé le P. Lombardi, sont la bonne foi et l’absence de précédents pénaux de Paolo Gabriele, tandis que les circonstances aggravantes résident dans l’abus de confiance de l’accusé à l’égard du pape et dans la diffusion de documents réservés.

Le Tribunal n’a pas agréé la demande d’interdiction perpétuelle d’accès aux charges publiques demandée par le Promoteur de justice, se limitant aux tâches où s’exercent les pouvoirs de l’Etat.

La gravité du délit n’a pas permis cependant la suspension conditionnelle de la peine.

La sentence a également confirmé que Paolo Gabriele était en pleine possession de ses moyens et avait conscience de ce qu’il faisait.

Au cours de la procédure, Paolo Gabriele avait affirmé n’avoir pas reçu « d’argent en échange des documents », et même « c’en était une condition essentielle ». Le délit en question est donc davantage de nature morale qu’économique, a fait observer le P. Lombardi.

Quant à l’utilisation du terme “suggestion”, mentionné plusieurs fois par Paolo Gabriele durant le procès, il ne signifie pas l’implication d’autres personnes. Il n’existe pas en effet de preuves de complicité ; selon le tribunal, l’accusé se référait à l’influence que l’environnement aurait exercée sur lui, jusqu’à accomplir une action illicite, dans la conviction d’agir pour le bien du pape et de l’Eglise.

En outre, les trois objets de valeur retrouvés chez Paolo Gabriele - la pépite, le chèque de 100.000 euros et la copie rare de l’Eneide – ont été jugés par le Tribunal “insignifiants” pour la sentence, dans le sens où “les circonstances de leur découverte ne sont pas claires”.

Le P. Lombardi a rappelé que le Promoteur de justice a 40 jours à partir de la publication de la sentence, pour faire appel: dans le cas contraire, Paolo Gabriele, actuellement assigné à résidence, serait conduit dans les cellules de la caserne de la Gendarmerie, près de la Porte Angélique. Paolo Gabriele purgera sa peine au Vatican et non en Italie, aucune requête en ce sens n’ayant été soumise au gouvernement italien.

Interrogé sur la possibilité que Paolo Gabriele soit gracié par le pape, le P. Lombardi a répondu qu’il s’agira d’une “décision personnelle” du pape, et qu’il est donc impossible de savoir si et quand elle se fera.

Le P. Lombardi a confirmé que le procès de l’informaticien de la Secrétairerie d’Etat, Claudio Sciarpelletti, accusé de complicité, toujours dans l’affaire Vatileaks, était fixé au 5 novembre prochain.

L’audience aura lieu dans le hall des audiences du Tribunal de l’Etat de la cité du Vatican, avec les juges Giuseppe Dalla Torre, Paolo Papanti-Pelletier et Venerando Marano.