Veillée de pentecôte: dialogue avec le pape François (4/4)

Pour annoncer l'Evangile, il faut deux vertus

Rome, (Zenit.org) Pape François | 1597 clics

"Pour annoncer l’Evangile, il faut deux vertus : le courage et la patience", explique le pape François qui répondu à quatre grandes questions lors de la veillée de Pentecôte place Saint-Pierre, samedi dernier, 18 mai, avec les mouvements ecclésiaux.

Dans le cadre de l’Année de la foi, le pèlerinage à Rome des mouvements, nouvelles communautés, associations et agrégations de laïcs s’est déroulé lors du week-end de Pentecôte sur le thème « Je crois ! Augmente en nous la foi ! ».

Le pape a rejoint la place Saint-Pierre à 17h30, et il a sillonné la place en voiture découverte pour saluer la foule. La veillée a commencé à 18h.

Les paroles d'accueil ont été prononcées au nom de tous par le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Mgr Salvatore Fisichella. Puis l'icône de la Vierge Marie, vénérée par les Romains sous le vocable de Salus Populi Romani, a été portée en procession depuis l'obélisque, accompagnée d’un groupe de jeunes représentants des mouvements et associations.

Après un temps de chants et de lectures, et de témoignages, le pape François s'est adressé à l'assemblée. Après la profession de foi et une prière d'intercession aux intentions du monde, la veillée s’est conclue par le chant du Regina Coeli.

Quatrième question

Cheminer, construire, confesser. Votre « programme » pour une « Église en mouvement » (c’est en tous cas ce que j’ai compris en écoutant votre homélie du début de votre pontificat) nous a réconfortés et stimulés. Réconfortés, parce que nous nous sommes retrouvés dans une unité profonde avec nos amis de la communauté chrétienne et avec toute l’Église universelle. Stimulés, parce que, en un certain sens, vous nous avez obligés à secouer la poussière du temps et de la superficie de notre adhésion au Christ. Mais je dois dire que je ne réussis pas à dépasser le trouble causé en moi par l’expression « confesser ». Confesser, c’est-à-dire témoigner de notre foi. Nous pensons à tant de nos frères qui souffrent à cause de leur foi, comme nous venons de l’entendre. Nous pensons à ceux qui doivent décider, le dimanche matin, s’ils vont aller à la messe parce qu’ils savent qu’en allant à la messe, ils risquent leur vie. A ceux qui se sentent encerclés et discriminés à cause de leur foi chrétienne dans de trop nombreux pays du monde.

Face à ces situations, il nous semble que ma profession de foi, notre témoignage sont timides et mal à l’aise. Nous voudrions faire plus, mais que faire ? Et comment aider ces frères ? Comment soulager leurs souffrances si nous ne pouvons rien faire, ou trop peu, pour changer leur contexte politique et social ?

Réponse du pape François

Pour annoncer l’Evangile, il faut deux vertus : le courage et la patience. Ils [les chrétiens qui souffrent, ndlr] sont dans l’Église de la patience. Ils souffrent et il y a plus de martyrs aujourd’hui que dans les premiers siècles de l’Église : plus de martyrs ! Ce sont nos frères et sœurs. Ils souffrent ! Eux, ils portent leur foi jusqu’au martyre. Mais le martyre n’est jamais un échec ; le martyr est le degré le plus élevé du témoignage que nous avons à rendre. Nous sommes en chemin vers le martyre, vers de petits martyres : renoncer à ceci, faire cela… mais nous sommes en chemin. Et eux, les pauvres, ils donnent leur vie, mais ils la donnent, comme nous l’avons entendu à propos de la situation au Pakistan, par amour pour Jésus, en témoignant de Jésus. Un chrétien doit toujours avoir cette attitude de douceur, d’humilité, c’est précisément l’attitude qui est la leur, faisant confiance à Jésus et s’abandonnant à lui. Il faut préciser que bien souvent ces conflits n’ont pas une origine religieuse ; souvent il y a d’autres causes, de type social ou politique et malheureusement, les appartenances religieuses sont utilisées comme de l’huile qu’on met sur le feu. Un chrétien doit toujours savoir répondre au mal par le bien, même si c’est souvent difficile.

Nous, cherchons à leur faire sentir, à ces frères et sœurs, que nous sommes profondément unis à eux, profondément unis, dans leur situation, que nous savons qu’ils sont des chrétiens « entrés dans la patience ». Lorsque Jésus va vers sa passion, il entre dans la patience. Eux, ils sont entrés dans la patience ; le leur faire savoir, mais aussi le faire savoir au Seigneur. Je vous pose la question : priez-vous pour ces frères et sœurs ? Priez-vous pour eux ? Dans votre prière de tous les jours ? Je ne vais pas demander maintenant que ceux qui prient lèvent la main, non. Je ne vous le demande pas maintenant. Mais réfléchissez-y bien. Dans notre prière quotidienne, disons à Jésus : « Seigneur, regarde ce frère, regarde cette sœur qui souffre tant, qui souffre tant ! ». Ils font l’expérience de la limite, vraiment de la limite entre la vie et la mort. Et nous aussi : cette expérience doit nous conduire à promouvoir la liberté religieuse pour tous, pour tous ! Chaque homme et chaque femme doit être libre de vivre sa confession religieuse, quelle qu’elle soit. Pourquoi ? Parce que cet homme et cette femme sont des enfants de Dieu.

Et ainsi, je crois avoir un peu répondu à vos questions ; excusez-moi si j’ai été trop long. Merci beaucoup ! Merci à vous et n’oubliez pas : pas d’Église fermée, mais une Église qui sort, qui va vers les périphéries de l’existence. Que le Seigneur nous guide ici-bas. Merci.