Vie consacrée : « La plus grande aventure qui puisse arriver »

40e anniversaire du décret sur la vie consacrée, Perfectae Caritatis

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ROME, Lundi 26 septembre 2005 (ZENIT.org) – La vie consacrée constitue « la plus grande aventure qui puisse arriver à un homme et à une femme », affirme Mgr Rodé.



Un congrès marquant le 40e anniversaire du décret conciliaire sur le renouveau de la vie consacrée, « Perfectae Caritatis », s’est ouvert ce matin au Vatican.

Le document rappelle que l’objectif premier de la vie consacrée est la charité parfaite, par la pratique des conseils évangéliques, et en suivant le Christ « de plus près », de façon radicale, et dans un dialogue nouveau avec le monde, en partageant les joies et les souffrances des hommes, et des femmes de notre temps.

Mgr Franc Rodé, préfet de la Congrégation romaine pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, a confié ses réflexions à ce sujet au micro de Radio Vatican.

Mais que dire à qui ressent la vocation à la vie consacrée ? « Etre éperdument amoureux de Jésus Christ est toujours l’aventure la plus grande qui puisse arriver à un homme et à une femme. A qui entend dans son cœur la voix de l’Esprit qui l’appelle à suivre le Christ sur cette voie exigeante mais enthousiasmante de la vie consacrée, je dis de ne pas avoir peur… de regarder l’expérience des apôtres, de la Vierge Mère de Jésus… de se confier à l’amour. je les inviterais à commencer un chemin capable de susciter et de libérer les questions profondes, trop souvent cachées dans leur cœur, de faire émerger les attentes les plus vraies pour leur vie, en commençant à répondre avec des gestes et des expériences concrètes. Le meilleur chemin de discernement et de réponse à une vocation de consécration spéciale reste ce que Jésus a proposé lorsqu’il a dit à Jean et à André qui, par curiosité, s’étaient mis à le suivre : « venez et voyez ! ». »

« Le chemin parcouru ces dernières années, par les personnes consacrées est notable, a fait observer Mgr Rodé. Une première saison a été marquée par la joie de revenir s’abreuver aux sources de l’Evangile, et à l’esprit des origines, de redécouvrir sa propre identité charismatique, avec les contenus théologiques et spirituels typiques à sa vocation propre, et enfin de pouvoir rechercher une façon nouvelle d’être et d’agir dans l’Eglise et dans le monde. Une seconde saison a été marquée par la fatigue de renouveler la normative, en la mettant en adéquation avec les enseignements du concile, et les exigences changeantes, de la vie ecclésiale, et apostolique. Cela a été la saison la plus difficile ! les tensions naturelles entre la conservation des saines traditions et la poussée vers le renouveau, ont été parfois exaspérées par les tensions sociales et par la sécularisation envahissante, qui ont marqué spécialement les années 70/80. On a vu se créer des conflits décourageants et aussi de douloureux abandons. Cependant le renouveau de la normative qui a préparé les instituts à affronter la mise en adéquation des structures apostoliques des Instituts aux situations ecclésiales, sociales et culturelle changées, constitue le défi de ce troisième moment.

Pour ce qui est des difficultés actuelles de la vie consacrée, Mgr Rodé disait : « Nous sommes tous conscients des épreuves et des purifications auxquelles elle est aujourd’hui exposée. On a parfois l’impression que certains consacrés ont perdu le sens profond de leur consécration, en tant que don de soi absolu à Dieu, et qu’ils ont substitué cet élément essentiel et fondamental avec différentes formes d’activisme dans la communauté ecclésiale ou à l’intérieur de la gloire civile ».

« Dans la vie ecclésiale, disait-il, le lien naturel des religieux et des religieuses avec leur propre institut, et le service charismatique spécifique parfois ne réussit pas à s’allier à la vie et à la programmation pastorale des Eglises particulières. Et d’autre part les évêques ont aussi du mal à considérer les institutions des religieux comme des œuvres pastorales données par l’Esprit Saint aux diocèses. La diminution des membres dans de nombreux instituts et leur vieillissement, évident dans certaines parties du monde, font surgir chez beaucoup la question : est-ce que la vie consacrée est encore un témoignage visible, capable d’attirer les jeunes ? Si, comme on l’affirme en certains lieux, le troisième millénaire sera le temps du protagonisme des laïcs, des associations et des mouvements ecclésiaux, nous pouvons nous demander : quelle sera la place réservée aux formes traditionnelles de vie consacrée ? Jean-Paul II nous rappelle qu’elle a une grande histoire à construire avec tous les fidèles. On a besoin d’un coup d’aile qui redonne avant tout vigueur à la radicalité évangélique propre à la vie consacrée et d’une imagination de la charité qui remette en marche l’élan pour servir l’homme avant tout avec la force de l’Evangile ».