Vie/Famille: Déclaration sans précédent du rabbinat de Jérusalem et du Vatican

Commission de dialogue à Jérusalem et à Rome

| 1009 clics

CITE DU VATICAN, Mardi 4 mars 2003 (ZENIT.org) – Une déclaration commune sans précédent du grand rabbinat de Jérusalem et de représentants du Vatican affirme la position commune du Judaïsme et de l'Eglise catholique en ce qui concerne la sainteté de la vie et les valeurs universelles de la famille. Elle condamne le terrorisme.



Une rencontre préliminaire entre le Grand rabbinat de Jérusalem et la Commission pontificale pour les relations avec le Judaïsme avait eu lieu en juin dernier à Jérusalem. Une nouvelle rencontre s'est tenue près de Rome à Grottaferrata la semaine dernière, du 23 au 27 février dernier. Le communiqué final de la rencontre a été publié hier, lundi 3 mars par la salle de presse du Saint-Siège.

Cette déclaration, en date du 26 février, est signée à la fois par le grand rabbin Shar Yishuv Cohen et par le cardinal Jorge Mejia, mais également par d'autres personnalités du Judaïsme et d'autres représentants de l'Eglise dont le P. Georges Cottier, o. p., théologien de la Maison pontificale.

Les signataires affirment la valeur "unique et supérieure" de la vie humaine. Toute tentative de la détruire doit être rejetée. Il faut donc s'efforcer de promouvoir, dans le cadre du respect des "Droits de l'Homme", la "solidarité entre tous les êtres humains, et le respect de la liberté de conscience".

La déclaration renvoie à la Création et conclut: "Tout attentat à la vie d'un être humain est contraire à la volonté de Dieu, une profanation de son nom, il est contraire à l'enseignement des Prophètes. Supprimer une vie, y compris la sienne, que ce soit même au nom de Dieu, est un sacrilège".

La déclaration renvoie aussi d'une part au Message de Jean-Paul II pour la Journée mondiale de la Paix 2002 - la violence terroriste contredit la foi en Dieu, créateur de l'homme - et d'autre part à la Déclaration d'Alexandrie signée par les dirigeants religieux juifs, chrétiens et musulmans en janvier 2002.

A propos de la famille, le document rappelle: "L'institution familiale découle de la volonté du Tout-Puissant, qui a créé l'être humain à son image: "Homme et femme il les créa". Dans la perspective religieuse, le mariage revêt une grande valeur, Dieu ayant béni et sanctifié cette union".

"L'unité familiale est le fondement de toute la société", affirme encore cette déclaration.

D'où un devoir d'éducation: "Plus que jamais, nous avons le devoir d'enseigner, à la maison comme à l'école, les valeurs familiales, en fonction de nos traditions religieuses. Les parents doivent consacrer beaucoup de temps à leurs enfants et les orienter dans des attitudes positives. Parmi les valeurs familiales, il faut souligner l'altruisme, le respect de la vie et la responsabilité mutuelle parents-enfants".

Les autres signataires de cette déclaration sont, pour le Judaïsme, les rabbins Ratzon Arrusi, David Brodman, Oded Wiener et Shmuel Hadas, et du côté catholique, Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, du clergé de Jérusalem des Latins, le P.Georges Cottier, op, théologien de la Maison pontificale, du P. Elias Shacour, Palestinien, de Mgr Pier Francesco Fumagalli, consulteur de la Commission vaticane pour les relations avec le Judaïsme, du P. Norbert Hofmann, SDB, et de Mgr Pietro Sambi, nonce apostolique en Israël.

La déclaration précise son esprit: "Notre dialogue est celui de personnes ayant la Foi, qui ont en commun des racines et un patrimoine spirituel. Le dialogue, qui est important en lui-même, exclut toute intention prosélyte". Et de souligner: "Tenant compte de nos traditions différentes, nous respectons notre diversité".