Viens Seigneur Jésus : Pensées pour le temps de l’Avent de Mgr Amédée Grab, osb

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ROME, Dimanche 17 décembre 2006 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous une réflexion sur le temps de l’Avent proposée par Mgr Amédée Grab, osb, évêque de Coire et président de la Conférence épiscopale suisse.


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Les paroles que le pape Benoît XVI nous a adressées, à nous évêques de Suisse, au cours de la visite ad limina, ont un écho permanent dans mon esprit. Le fait qu’en Europe occidentale l’homme n’ait plus la perception du Divin « parce que l’organe qui Le perçoit dépérit » est plus qu’une simple conjoncture. Il est donc compréhensible que le Saint-Père considère de son devoir et du nôtre, de dire encore : « Nous devons aider les personnes à sentir à nouveau le goût de Dieu ».

L’Avent est le temps juste. Les chrétiens désirent un Avent de recueillement. Il est toujours bon de faire une pause, prendre un peu de distance avec le quotidien, ses préoccupations et ses joies, et réfléchir, seuls ou avec les autres, sur la manière de devenir meilleur en famille, dans le travail ou avec les amis. Mais la signification la plus profonde de l’Avent est toutefois une rencontre avec Dieu.

Les jeunes qui se préparent à la Confirmation demandent souvent à l’évêque quelle est son image de Dieu. Eux-mêmes parlent aisément de quelque chose de plus élevé, d’une force spirituelle qui existe peut-être ou à laquelle on peut s’adresser dans les moments difficiles. La réponse que je donne est bien sûr la profession de foi de l’Eglise ou une tentative d’annoncer l’Evangile. Pour dépasser l’individualisme, que l’on ne rencontre pas seulement parmi les jeunes, le pape Benoît a souligné dans son discours : « … nous ne nous inventons pas la foi tout seul, en la composant de morceaux durables, mais nous devons croire avec l’Eglise ».

En ce temps de l’Avent nous ne sommes pas seulement des fidèles de l’Eglise, mais avec l’Eglise nous espérons, nous désirons ardemment l’Eglise ; l’Eglise parle à travers nos cœurs, lorsque, avant Noël, elle appelle avec anxiété : « Viens, Seigneur Jésus ! ».

Pourquoi Jésus vient-il ? Que signifie le fait qu’Il vienne chaque année ? Est-ce que le fait que le fils de Dieu devenu homme reviendra à la fin des temps pour juger est lié à Noël ? Et comment doit être le contenu de ma foi et de mon espérance ?

Participer à l’espérance est un don de Sa miséricorde. Nous ne pouvons qu’invoquer Sa miséricorde. Mais tout cela nous entraîne uniquement si l’organe qui perçoit le Divin en nous ne s’est pas desséché. Retrouver cet organe peut-être aussi et seulement un don. Il faudrait que nous priions les uns pour les autres afin d’obtenir ce don.

Seul, celui qui veut se laisser entraîner peut prier : « Viens, Seigneur Jésus ». Un jeune chrétien m’a écrit ces quelques mots : « Je ne vais pas souvent à l’Eglise, mais je considère qu’il faudrait avoir une certaine affection pour notre propre foi». Qui pense ainsi, peut sentir le Divin, peut sentir Noël et comprendre sa signification.