Visite du Président du Conseil de l'Eglise évangélique d'Allemagne

« Il n’y a pas d’alternative à l’œcuménisme »

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CITE DU VATICAN, Jeudi 2 septembre 2004 (ZENIT.org) - « Il n’y a pas d’alternative à l’œcuménisme », déclare le Président du Conseil de l'Eglise évangélique d'Allemagne, l’évêque Wolfgang Huber, qui a été reçu par le pape Jean-Paul II à Castelgandolfo mardi 24 août, dans le cadre d’une visite de trois jours au Vatican. Il a confié ses impressions au micro de Radio Vatican.



RV : Que représente pour vous cette rencontre avec Jean-Paul II ?

Wolfgang Huber : Cette rencontre m’a beaucoup frappé. Je suis venu avec à l’esprit ma rencontre de 1996, à l’occasion de la visite du pape en Allemagne : cette visite a été une pierre miliaire pour les relations œcuméniques entre nos Eglises. Je considère le fait que le pape m’ait reçu comme une nouvelle pierre miliaire sur ce même chemin.

RV : Dans une rencontre du président du Conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne et du Successeur de Pierre, de quoi parle-t-on ?

Wolfgang Huber : La rencontre elle-même devient un élément important de l’évolution des relations œcuméniques, même si l’entretien en soi, n’avait sûrement pas pour but de résoudre les problèmes de caractère œcuménique encore ouverts : cela n’était pas possible au cours d’un dialogue aussi bref.

RV : Le pape vous a-t-il dit quelque chose d’important ? Et avez-vous pu lui dire quelque chose en particulier ?

Wolfgang Huber : Le pape, et cela m’a touché profondément, ne m’a pas seulement donné des paroles, mais il m’a fait un vrai cadeau : une croix pectorale, réalisée à l’occasion du XXVe anniversaire de son pontificat, et je la rapporte à Berlin. Je crois que c’est un signe visible, implicitement reconnu, de la signification profonde du ministère épiscopal au sein de l’Eglise évangélique. C’est ainsi que j’ai compris le geste. En tous cas, nous avons demandé l’un pour l’autre la bénédiction du Seigneur pour notre route, pour notre ministère. Je porte dans mon cœur les yeux ouverts et attentifs du pape. Je ne les oublierai jamais.

RV : Comment évaluez-vous le moment œcuménique actuel entre l’Eglise catholique et l’Eglise évangélique, en Allemagne et dans le monde ?

Wolfgang Huber : En Allemagne, nous sommes en train de faire, de façon plutôt intense, l'expérience qu’il n’y a pas d’alternative à l’œcuménisme. C’est pourquoi nous prenons grand soin de l’état de bon dialogue que nous avons atteint. Nous avons appris, et nous en avons pris conscience, que nous ne pouvons pas nous attendre à des progrès rapides sur des questions encore ouvertes et qu’il est nécessaire d’avancer très attentivement et avec beaucoup de prudence, mais aussi avec cette nécessaire « impatience » œcuménique.
Nous savons tous qu’actuellement, la question principale porte sur le ministère. Je me rends compte, d’une part, que cette même question est aussi aujourd’hui au cœur des dialogues entre l’Eglise catholique et l’Eglise luthérienne et que nous avançons à petits pas. Mais je crois qu’au-delà des éclaircissements auxquels nous sommes arrivés dans le domaine du dialogue théologique, nous pouvons nous attendre à des progrès sûrs du fait de notre façon de nous respecter mutuellement et de considérer le ministère.
D’autre part, s’il est vrai que l’identité et la compréhension sont les deux pôles du progrès œcuménique, il est aussi nécessaire, étant donné le grand engagement manifesté par la curie romaine et par les congrégations, pour définir l’identité de l’Eglise catholique romaine, d’arriver à la compréhension, même là où les questions à résoudre sont plus ardues, là où le dialogue procure davantage de souffrance.
Nous, en tant qu’Eglise évangélique, nous devons par conséquent réfléchir maintenant à ce qu’il nous revient de faire, pour arriver à l’identité et à la compréhension, conscience de notre profil et respect et considération pour le profil de l’autre, afin que cela représente un nouveau lien entre nos Eglises.

RV : Mais il y a une vraie « volonté » d’œcuménisme et de communion dans les deux Eglises ?

Wolfgang Huber : Certes cela existe dans les deux Eglises. Et puis, bien sûr, de façon différente selon les individus. Si, en venant au Vatican, je réponds à une invitation du cardinal Walter Kasper [président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’unité des Chrétiens, ndlr], cela signifie en soi que la responsabilité œcuménique, ici, à Rome, est placée entre les mains d’un homme, entre les mains d’un cardinal dont la « volonté » d’œcuménisme est, sans aucun doute, très grande.