Visite historique du patriarche de Russie en Pologne

Pour la réconciliation des peuples russes et polonais

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P. Mariusz Frukacz
Traduction d’Anne Kurian

ROME, mercredi juillet 2012 (ZENIT.org) – Les peuples de Russie et de Pologne assisteront à une rencontre historique, le 17 août 2012 : le patriarche Kirill et Mgr Józef Michalik, président de la Conférence épiscopale polonaise, signeront un message commun pour la réconciliation entre les deux pays.

Le patriarche orthodoxe Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie, se rendra en effet en visite en Pologne, du 16 au 19 août 2012. C’est la première fois dans l’histoire du christianisme qu’un chef de l’Eglise orthodoxe russe visite ce pays.

Au cours de cette visite, le patriarche Kirill et Mgr Józef Michalik signeront un message commun pour leurs peuples respectifs, le 17 août à Varsovie.

Selon l’agence d’information catholique polonaise KAI, Mgr Michalik attend avec grande espérance le message catholique-orthodoxe pour la réconciliation des deux peuples.

En visite pastorale dans le diocèse russe de Smolensk, le patriarche Kirill a évoqué cet évènement, lors d’une célébration le 15 juillet 2012, à Katyń, lieu de massacre de milliers de polonais sous le régime stalinien.

“Il est temps de reconnaître que ce lieu est un symbole terrible de notre tragédie commune et, avec cette conscience, de nous serrer les mains, comme entre frères et sœurs qui sont passés à travers les la douleur et la tragédie de Katyn”, a déclaré le patriarche.

“Je crois que d’ici peut commencer une nouvelle ère dans le développement des relations entre la Russie et la Pologne, dans la conscience d’une tragédie commune et d’un sacrifice partagé”, a-t-il ajouté.

Le patriarche y a également consacré la nouvelle église orthodoxe de la Résurrection du Christ, dans laquelle sera posée une image de Notre Dame de Czestochowa, qui sera donnée par l'épiscopat polonais en août. Des messes catholiques seront célébrées dans cette église.

Le massacre de Katyń a été perpétré en avril et mai 1940, faisant quelque 21.768 victimes polonaises, parmi lesquelles plus de 10.000 officiers de l'armée et policiers, après l’invasion de la Pologne par l’Armée rouge en 1939. Ces personnes, soupçonnées d’être hostiles au régime, furent exterminées par les services secrets russes, sur ordre des plus hautes autorités du parti communiste.

Encore aujourd'hui, Katyń représente une grande blessure pour les Polonais : une quinzaine de proches de victimes ont récemment saisi la Cour européenne des droits de l’homme, dénonçant un manque de vérité à ce sujet de la part des autorités russes.

Le 16 avril 2012, la Cour a reconnu le massacre comme un "crime de guerre" et elle a condamné le manque de coopération de la Russie, qui a clos l'enquête en 2004 sans en publier les résultats.

En 2010, les autorités civiles des deux pays avaient commémoré les 70 ans du massacre ensemble. L'ancien président polonais Lech Kaczyński, sa femme et les responsables politiques qui l'accompagnaient ont trouvé la mort dans un accident d'avion en se rendant aux commémorations, le 10 avril 2010, ce qui a redoublé le traumatisme.