XIème Dimanche du Temps Ordinaire

Message de joie et de libération

Rome, (Zenit.org) Congrégation pour le clergé | 968 clics

Citations :

2 Sam 12,7-10.13: www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9aucykl.htm 

Gal 2,16.19-21: www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9axg05b.htm 

Lc 7,36-8,3: www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9bxwvkg.htm 

En ce XIème dimanche du  temps ordinaire, c’est un véritable message de joie et de libération que nous offre la Parole de Dieu : la joie de se sentir libérés du péché, grand ou petit, qui nous opprime, nous tourmente, nous oblige à nous replier sur nous-mêmes, qui épuise nos forces et qui ne cesse de nous montrer que nous sommes tellement liés à nos misères que nous finissons par ressembler à des oiseaux blessés.

Nous voudrions prendre notre envol, nous élancer vers le ciel, mais nous sommes retenus sur la terre, ce qui engendre pour le chrétien une tristesse profonde.

Alors l’Eglise offre à chacun de nous la possibilité de célébrer et par conséquent de rendre présente dans notre vie la miséricorde de Dieu : une miséricorde qui se répand continuellement dans le monde entier, qui touche gratuitement tous les hommes, qui se décuple au moment où c’est l’homme qui, confessant ses péchés, reconnaît sa nature de pécheur.

C’est dans cette reconnaissance de notre faiblesse que se réalise la rencontre entre l’amour de Dieu qui pardonne et les plaintes de l’homme qui explosent en un hymne de joie au moment où celui-ci a senti que Dieu l’a à nouveau accepté.

Tel est l’enseignement que nous donne la première lecture où l’auteur met en évidence le grave péché de David : avoir provoqué rien de moins que la mort d’Urie pour prendre l’épouse de ce dernier, Bethsabée.

Dans ce passage, David personnifie les attitudes diffuses dans la société : trahisons, mensonges, violences, mais on le considère en même temps comme le saint de l’Ancien Testament, le préféré de Dieu, celui qui est comblé de dons.

En d’autres termes nous pouvons le définir comme le « saint pécheur » parce qu’il connaît des moments de grande élévation spirituelle, mais aussi de misères, de fautes, de bassesses.

David est vraiment saint parce qu’il parvient à chaque fois à se libérer d’une situation de péché grâce à deux forces qui corrigent et triomphent de ses fautes : l’humilité et la confiance illimitée en Dieu.

Deux prérogatives qui se conditionnent l’une et l’autre, car nul ne peut s’ouvrir à la confiance en Dieu sans humilité, mais personne ne peut être humble s’il ne trouve en Dieu Lui-même son soutien, sa justification, son refuge.

C’est grâce à ces deux vertus que Davide échappe à l’étau du péché qui le serre et qu’il parvient à se libérer des passions qui l’égarent pour revenir à Dieu, et s’en remettre complètement à sa miséricorde.

On retrouve ce thème dans le passage de l’Evangile qui réaffirme non seulement la joie du pardon chez une misérable créature, mais qui démontre encore davantage quelle est la force créatrice d’un geste de pardon que Dieu seul peut accorder.

Le récit évangélique de la pécheresse, que seul Luc nous a transmis, met en évidence un geste d’amour courageux auquel fait suite un grand geste de miséricorde. La pécheresse sait qu’elle est l’objet du mépris public. Malgré cela elle n’a pas peur d’affronter les gens et d’entrer dans la maison du pharisien pour rencontrer Jésus.

Jésus commente ce comportement en disant qu’il ne peut naître que grâce à la grande foi de la pécheresse.

Une foi qui a embrasé son cœur d’un indomptable élan d’amour, de reconnaissance, de dévotion et de joie. Cette femme a découvert, en effet, qu’en Jésus, Dieu accorde à tous ceux qui se repentent sincèrement et changent de vie, le pardon de leurs péchés.

La pécheresse a découvert la sainteté de Jésus et c’est pour cela qu’elle n’ose pas oindre sa tête, mais seulement ses pieds afin de ne pas le contaminer,  mais ce contact lui suffit pour recommencer une vie, complètement renouvelée par l’amour.

Tout cela est le fruit de la foi, de la certitude d’avoir obtenu le pardon de ses péchés et de la conscience que son repentir sincère a été accueilli par le Seigneur qui avait vu au fond de son cœur un cœur pénitent.

C’est pour cette raison que Jésus raconte la parabole des deux débiteurs : pour faire comprendre à Simon la réalité de cette situation et pour lui prouver qu’Il est véritablement prophète, et beaucoup plus que prophète, parce qu’il lit dans les pensées et connaît bien les sentiments de la femme qui pleure à ses pieds. En effet, si la reconnaissance la plus grande vient de celui qui a reçu les plus grands bénéfices, il est compréhensible que la femme, qui a commis de nombreux péchés, ressente davantage la magnificence de ce pardon.

Un comportement bien différent de celui de Simon le pharisien qui, se considérant comme juste, avait invité Jésus dans sa demeure ; toutefois son amour n’allait pas au-delà d’un simple respect. Jésus lui fait remarquer son attitude en décrivant tous les gestes de la femme et en mettant en évidence toute leur dimension d’un accueil hospitalier, de générosité et d’amour pour lui.

Jésus précise en ces quelques mots la situation nouvelle qui se crée dans le croyant grâce à la foi. Dans le Christ, Dieu nous offre la rémission totale de nos péchés. C’est là la nouveauté inouïe de l’histoire de l’humanité, le mystère touchant de la bienveillance infinie de Dieu : nous sommes tous  pécheurs et la seule voie vers le salut est celle de la foi parce qu’elle nous conduit au repentir et le repentir à l’amour.

St Paul nous le rappelle, qui affirme que la foi naît de la découverte que dans le Christ nous avons été aimés démesurément. Preuve en est que Jésus s’est offert Lui-même pour nous prouver ainsi son amour, un amour qui nous a  attirés, au point que l’Apôtre en arrive à dire : « Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi .»