Zone euro : Un déclassement d'une « rapidité suspecte »

L'Osservatore Romano analyse le déclassement de 9 pays

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ROME, lundi 16 janvier 2012 (ZENIT.org) – « Une attaque arrivée avec une rapidité parfaite et suspecte », commente L’Osservatore Romano, à la nouvelle, vendredi dernier, 13 janvier, du déclassement de 9 pays de la zone euro par Standard & Poor’s, une des grandes sociétés américaines de notation financière.

Juste au moment où les marchés montraient des signes de reprise, relève le quotidien de la Cité du Vatican, Standard & Poor’s a annoncé ce déclassement qui, bien qu’étant en partie attendu, pourrait avoir un impact « très dur » sur l’Europe.

Standard & Poor’s a réduit les cotes de crédit de l’Italie, l’Espagne, le Portugal et Chypre de deux crans et le classement de la France, l’Autriche, Malte, la Slovaquie et la Slovénie d’un cran. Seules l'Allemagne, la Hollande, la Finlande et le Luxembourg maintiennent leur note d’excellence du « triple A ».

L’agence attribue cette dégradation des notes au caractère « insuffisant » des réponses apportées à la crise par « les dirigeants européens ». Une lecture, commente L’Osservatore Romano, critiquée par la Commission européenne.

En France, rapporte L’Osservatore Romano, le président Nicolas Sarkozy a annoncé, pour les prochaines semaines, des décisions fortes pour relancer la croissance, alors qu’en Italie, le président du Conseil des ministres, Mario Monti, a estimé que c’est toute l’Europe qui est touchée et que la réponse devra être « européenne », surtout pour soutenir les efforts nationaux en faveur de la croissance et de l’emploi.

Cela dit, des doutes, partagés d’ailleurs par Pékin qui, relève le quotidien, se pose des questions sur la « crédibilité » des agences, entourent cet abaissement de notes.

« Une action politique ? Un « stratagème américain » contre la zone euro ? Ou une « énième revanche » des spéculateurs ? », s’interroge L’Osservatore Romano.

Le quotidien conclut, dans son édition en italien du 15 janvier : « Malgré tout ce vacarme, Standard & Poor’s ne dit rien de nouveau : l’Europe a besoin de grandir ». Et… « Tout de suite ».

Isabelle Cousturié